Centre Hospitalier - Bourges (Cher)  :  Pas en première ligne, mais en danger tout de même

Echo d'entreprise
23/04/2020

Plus de trente membres du personnel soignant seraient atteints par le Covid-19, trois services non Covid étant particulièrement touchés.

Ceux qui ressentent les symptômes de la maladie ne sont pas systématiquement arrêtés. Le principe, c’est d‘être absent le moins longtemps possible. Le personnel peut contaminer les patients, les patients contaminent le personnel...

Depuis le début, le manque de masques est dramatique. Après nous avoir expliqué qu’il n’y avait pas besoin de masques pour tous, ce sont maintenant les masques FFP2 qui ne sont pas disponibles pour tous les soignants !

En plus des masques, les protections élémentaires manquent comme les sur-blouses et même les embouts de thermomètres.

Comme le déplorait un membre du personnel : « on aura peut-être ce qu’il faut quand la pandémie sera terminée... »

La Poste :  Profits, le naturel reprend le dessus

Echo d'entreprise
21/04/2020

AG de postiers lors d'une grève à Orléans

Une semaine après le début du confinement, La Poste avait réduit la semaine de travail à trois jours. C’était, disait-elle, pour assurer la distribution du courrier indispensable tout en veillant à la sécurité des postiers. Cela, après avoir eu bien du mal à leur fournir gel et masques, dont elle avait pourtant un stock important.

Mais il a suffi que les grands patrons de la presse quotidienne haussent le ton pour repasser à quatre jours de travail hebdomadaires. Après avoir licencié la plupart des intérimaires, La Poste en a rappelé certains pour distribuer les journaux, à temps partiel et donc pour des salaires largement amputés, tout en leur faisant prendre le risque d’être contaminés.

Le volume des colis, lui, a explosé et est proche de ce qu’il est au moment de Noël. Pour se justifier, le président de la Poste a expliqué cyniquement qu’il est impossible de choisir quels colis sont prioritaires, et que si une infirmière reçoit une paire de chaussures de sport, cela peut lui être utile pour pouvoir faire du footing après une semaine harassante ! Quant aux courriers publicitaires, pourtant non indispensables, ils reviennent en force, mélangés avec l’ensemble du courrier. Pas question pour La Poste de se priver des contrats avec les grandes entreprises, profit oblige !

Cristal Union - Toury (Eure-et-Loir) :  Absurde et révoltant

Echo d'entreprise
19/04/2020

Pour justifier la fermeture de la sucrerie le 30 juin prochain, et la disparition de 150 emplois, le groupe Cristal Union se retranche depuis des mois derrière la surproduction qui touche le marché mondial du sucre, et notamment la production d’alcool industriel, spécialité du site de Toury.

Pourtant, Covid-19 oblige, l'usine tourne à plein régime actuellement et son activité est même reconnue comme indispensable pour la fabrication de produits d'entretien et de gel hydroalcoolique. Dans une lettre adressée à Macron et relayée par la CGT, un ouvrier lui demande d'intervenir : "Nous travaillons le jour, la nuit, les dimanches et jours fériés, participons à cet effort de "guerre" en prenant des risques pour notre santé et celle de nos proches (...)".

Mais le marché est aveugle, et il n'y a rien à attendre des politiciens : seuls les actionnaires décident de ce qui est produit ou pas, non en fonction de l'utilité sociale de telle ou telle activité mais selon leurs perspectives d'enrichissement personnel à court terme.

Les travailleurs ne pourront compter que sur leur mobilisation pour faire reculer le groupe.

Centre Hospitalier - Amilly (Loiret) :  Pénurie générale

Echo d'entreprise
19/04/2020

Mouvement contre les réorganisations des services en 2017

Le service le plus affecté par la contamination est le SSR, un service de convalescence et de rééducation de personnes âgées où 70 % des aides-soignantes, infirmières et médecins ont été touchés par le Covid. Dans ce service particulièrement, les soignants ont manqué de masques et de sur-blouses pendant les premières semaines.

Dans l’hôpital, on manque de masques, mais aussi d’agents d’entretien ménager, de techniciens pour entretenir et réviser le matériel médical comme les électrocardiographes qui tombent en panne, le réseau informatique qui bloque souvent lorsqu'il s'agit d'accéder aux dossiers de soins. La direction en est réduite à faire des appels aux dons pour tenter de compenser la pénurie de matériel de protection comme les sur-blouses.

Et il serait question que les arrêts du personnel pour Covid puissent être imputables à une contamination extra-professionnelle et ne soient donc pas systématiquement reconnus en maladie professionnelle ; avec pour conséquence des primes gouvernementales amputées pour cause de maladie ! En somme, versée dans une poche, reprise dans l’autre poche.

Armatis-lc (Indre) :  Protéger les profits ou nos vies ?

Echo d'entreprise
15/04/2020

Le PDG d'Amatis-lc, centre d'appel à Châteauroux, s’est fendu d’une lettre aux salariés, où il s’est félicité de sa gestion de la crise et de tous les moyens soi disant mis en œuvre pour les protéger.

Il se ridiculise car dans la même lettre, il annonce qu’en Tunisie, c’est le gouvernement qui a fait fermer l‘entreprise. Il ajoute qu’au Portugal, les malades étaient si nombreux que l’entreprise a dû fermer. Il oublie aussi qu’en France une entreprise a fermé temporairement, après un débrayage, sur ordre du préfet car les conditions minimum n’étaient pas remplies…

Sur tous les plateaux téléphoniques, les travailleurs ne pourront compter que sur leurs propres forces pour le contraindre et protéger leurs vies.

John Deere - Saran (Loiret) :  La production avant tout

Echo d'entreprise
15/04/2020

Cela fait déjà 15 jours que la production de moteurs de tracteurs de la marque a repris chez John Deere.

En raison du bruit dans l’atelier, il est bien difficile avec 8h de travail de toujours respecter les mesures de protection mises en place.

Les travailleurs présents sont incités à faire une heure supplémentaire par jour pour pallier l'absence de ceux qui sont malades ou qui gardent leurs enfants. Il est prévu aussi de travailler samedi 18 avril. Et même si c’est un appel au volontariat, ce sont donc des moyennes de 45 à 50h de travail qu’effectuent les travailleurs de cette usine de tracteurs. 25 à 30% de la production normale sortant, ce n’est pas encore assez pour John Deere. Elle annonce « la reprise du travail obligatoire » pour le 20 avril.

La production ne peut attendre chez John Deere. Sauver leurs profits et les dividendes de leurs actionnaires est le même leitmotiv chez tous les capitalistes de la planète.

La Poste :  Prise la main dans le masque

Echo d'entreprise
15/04/2020

Le jeudi 9 avril, le tribunal des référés de Paris a rendu une décision condamnant la Poste à une nouvelle évaluation des risques professionnels, afin de respecter son obligation en matière de santé et sécurité.

Dès le début du confinement, la direction de la Poste reprenait le discours mensonger du gouvernement comme quoi « les masques ça ne sert à rien ». On a appris ensuite que la Poste disposait d’un stock de 24 millions de masques qui ne lui servait même pas à protéger les postiers.

Dénoncée dans différents journaux dont Libération comme « n’ayant pas joué le jeu » et accusée de ne pas avoir communiqué ce stock à l’Etat, la Poste s’est défendue en invoquant « une polémique ridicule ». Cela a fait réagir de nombreux postiers écœurés par les propos d’une direction aussi cynique qui les a envoyés au travail pendant des jours et des jours sans protection.

Centre Hospitalier Régional - Orléans (Loiret) :  A votre bon cœur !

Echo d'entreprise
14/04/2020

Lors d'une manifestation en janvier 2020

Depuis le jeudi 9 avril, une cagnotte a été lancée offrant la possibilité à ceux qui le souhaitent de faire un don en ligne. L'objectif selon la direction de cet hôpital : "soutenir les efforts des équipes soignantes engagées pour sauver des vies".

Les fonds récoltés avec cette cagnotte "Solidarité Covid-19" permettront "d'améliorer les conditions de travail des professionnels hospitaliers tous mobilisés dans la durée par cette crise sanitaire", déclare encore la direction. En fait il s’agit selon elle de récolter des dons pour des "prestations de réconfort" : petits-déjeuners, plateaux-repas...

Voilà où en est arrivé l’hôpital public : faire la charité pour nourrir correctement le personnel.

Michelin - Joué-lès-Tours (37) :  Pour les patrons, l’armée d’abord

Echo d'entreprise
12/04/2020

A Joué comme ailleurs, ce n’est évidemment pas en évoquant  les productions pour l’armée que les patrons de Michelin ont argumenté pour le bien-fondé de la reprise du travail. Pourtant, à Bourges comme à Montceau-les-Mines, c’est exclusivement pour cela que des ateliers dans les usines Michelin n’ont jamais fermé depuis le confinement généralisé. Et d’ailleurs, on peut toujours entendre les avions militaires dans le ciel de l’agglomération de Tours…

Chacun d’eux embarque une technologie dont le coût est équivalent à celui d’un hôpital. De quoi a-t-on un besoin vital aujourd’hui ?

Michelin :  Sortez vos mouchoirs

Echo d'entreprise
12/04/2020

Dans le cadre de leur propagande offensive pour faire tourner à nouveau leurs machines à profits, les patrons ont voulu faire quelques  gestes spectaculaires : ainsi, Menegaux, le PDG de Michelin a proposé de se priver de 25 % de sa rémunération fixe…pour Avril et Mai.

Les chiffres actuels de celle-ci ne sont pas parvenus à notre connaissance, mais pour se faire une idée, en 2018, Menegaux, qui n’était pas encore PDG, touchait en tout 1,2 million pour l’année – dont la moitié seulement dite fixe, et le PDG d’alors, Senard, plus de 4 Millions, dont un quart seulement en fixe. Après ce cadeau emblématique, il devrait donc  rester au PDG actuel entre 30 et 60 000 euros pour boucler les mois d’Avril et Mai ; ça devrait aller…

Par contre, il serait question qu’au titre du partage des sacrifices, on fasse sauter toutes les augmentations individuelles des salariés cette année. Voilà de quoi motiver encore plus ceux qu’on oblige à sortir du confinement.