Michelin - Saint-Doulchard (Cher) :  La direction est en guerre… de classe

Echo d'entreprise
21/03/2020

Le groupe Michelin a été l’un des premiers à annoncer la fermeture de ses usines. Effet d’annonce que tous les grands medias se sont empressés de relayer.

Depuis, c’est silence total sur les décisions du groupe.

Michelin a décidé hier de ne plus avoir recours au chômage partiel, comme il l’avait dit en début de semaine, et d’imposer aux travailleurs de prendre du 18 au 31 mars – donc pour une bonne dizaine de jours - sur leur 5ème semaine de congés, leur JDR (RTT) et leur CET (Compte Epargne Temps). Autrement dit à faire supporter les conséquences de la situation par les ouvriers pour lesquels cela reviendra à venir travailler en juillet ou en août. Via les smartphones, les protestations n’ont pas tardé : être confinés à l’usine en été alors que les températures peuvent atteindre 45°C dans les ateliers, merci bien !

A partir de début avril, les usines seraient en chômage partiel payé à 80% au lieu de 70%, la direction dans sa grande générosité rajoutant 10% pour essayer de faire passer la pilule du rabotage actuel des congés payés. Mais qui dit que la direction ne changera pas de position d’ici là ?

C’est ce qui se passe pour les 80 ouvriers de l’usine de St Doulchard (près de Bourges) qui devaient travailler jusqu’au vendredi 20 pour fabriquer les pneus du F35 de l’armée américaine – production "indispensable" pour aller semer la mort aux quatre coins de la planète – qui maintenant doivent continuer à travailler jusqu'à épuisement des matières premières, week-end compris. Et cela, sans être protégés, ni masques, ni gels hydro-alcooliques, ni essuie-mains à usage unique !

Et si, en avril, le confinement est levé pour les entreprises, sous prétexte de préserver l’activité économique, dixit le ministre de l’économie, ce sera tout bénéfice pour Michelin qui, justement, en fait des bénéfices : 1,7 milliards.

C’est sur ce pactole et les dividendes versés aux actionnaires qu’il faut prendre pour maintenir l’intégralité des salaires des travailleurs.

La santé de la paye doit passer avant la santé des profits !

La Poste - Orléans (Loiret) :  "Continuité du service", mais d’abord du profit

Echo d'entreprise
21/03/2020

Malgré la propagation du virus, La Poste demande aux postiers de continuer à travailler, alors même que les mesures sanitaires minimum ne sont pas respectées.

À la PIC d’Orléans – Fleury-les-Aubrais (ex-centre de tri), seuls certains services étaient pourvus du fameux gel, mais largement périmé : il datait de 2010. Alors qu’un postier était venu travailler avec son masque et insistait pour le garder, des responsables lui ont intimé l’ordre de le retirer en lui disant qu’il n’était pas malade.

Pour faire travailler dans ces conditions, la direction se retranche derrière l’argument de la "continuité du service", et l’inspection du travail lui a donné raison lors du comité d’hygiène et sécurité. Et si la distribution a été interrompue nationalement le 21 mars, les jours suivants il est prévu que les facteurs fassent plus que leur tournée et remplacent les absents.

En agissant au mépris de la santé des travailleurs, La Poste se comporte comme tous les patrons. Alors, les postiers qui ont exprimé leur refus de venir travailler dans ces conditions ont bien eu raison.

Epidémie de coronavirus :  Témoignage d'une travailleuse d'une usine de caoutchouc

Echo d'entreprise
21/03/2020

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SNCF - Orléans Les Aubrais (Loiret) :  Pour la direction, la santé des cheminots n’est pas prioritaire

Echo d'entreprise
20/03/2020

Dans les postes d'aiguillage, la direction oblige les cheminots à venir travailler et maintient quasiment l'ensemble des postes ouverts, y compris ceux que l'on pourrait considérer comme non prioritaires. Dans la majorité des postes, comme au triage, les agents étant seul en poste, cela suffit à la direction pour qu’elle considère que leur protection est assurée. Les mesures de nettoyage des locaux reposent sur les agents eux-mêmes et quand l’un d’eux a le malheur de demander des comptes, la direction botte en touche ou pire encore, les envoie balader. Certains ont d'ailleurs subi des pressions et des intimidations pour avoir exercé leur droit de retrait.

Alors que la direction se retranche derrière l'intérêt national et vital pour la population pour justifier la continuité du service, des témoignages d'agents en poste relatent qu'il n'y a pas de travail, plus grave certains n'ont vu qu'un seul train de fret passer chargé de voitures neuves. Si c'est ça leur service indispensable à la population...

Le plus cynique dans tout cela, c'est qu'avant l'arrivée du coronavirus, la direction a fermé des gares de la région en supprimant du personnel pour cause de sous-activité.

Alors qu'ils ferment les postes pour faire des économies ou qu’ils les maintiennent ouverts pour leurs profits, c'est toujours la même chose qui les anime et les cheminots ont tout à fait raison de ne pas l'accepter.

Hutchinson (Joué-lès-Tours) :  Nous ne sommes pas de la chair à profit

Echo d'entreprise
19/03/2020

Comme dans la plupart des usines, la direction d’Hutchinson-Joué entendait bien lundi dernier, 16 mars, continuer à nous faire produire des courroies et autres pièces pour l’industrie automobile, comme si de rien n’était. Même le télétravail était très peu utilisé pour le personnel des bureaux. Le seul aménagement prévu était la fermeture des vestiaires…

Nous étions très en colère de son absence de réponse à nos questions et inquiétudes de risquer ainsi la contamination, ainsi que de son mépris. Le mécontentement a éclaté mardi matin : nous nous sommes rassemblés et sommes allés voir la hiérarchie. La direction a dû apporter des réponses sous notre pression. Elle a ainsi annoncé qu’elle réduisait la journée de travail à 6h, pour éviter qu’on se croise aux changements d’équipes.

Le lendemain, mercredi, la direction a finalement annoncé notre mise en chômage partiel, mais à partir de lundi 23 seulement, comme dans les autres usines du groupe. Et elle demande des volontaires pour venir quand même la semaine prochaine dans le très juteux atelier de la Prépa !

Hutchinson, filiale de Total, ne produit rien de vital. Et ce genre de groupe capitaliste a largement les moyens de nous payer même si nous restons chez nous. Car si certains font des réserves de pâtes depuis quelques jours, les capitalistes font des réserves de trésorerie par milliards depuis des années.

SNCF - Orléans Les Aubrais (Loiret) :  Pour la direction, le confinement passe après la production ?

Echo d'entreprise
17/03/2020

Depuis la fin de semaine dernière, l'inquiétude et la colère ont monté d'un cran dans les différents services. Dès ce week-end, estimant ne pas être suffisamment protégés, des dizaines de cheminots ont fait valoir leur droit de retrait. Cela est particulièrement vrai pour les contrôleurs ou pour les conducteurs, où l'habitude a été prise dans d’autres circonstances.

Mais c’est vrai aussi dans bien d'autres services comme à l'équipe caténaire, où dès dimanche soir à l'occasion de travaux prévus la nuit, les agents ont refusé de travailler, n'ayant ni masque ni gel. Depuis mardi l'ensemble des agents travaillant sur les voies ou les équipements sont invités à rester chez eux en restant joignables en cas d’incident grave.

En gare, devant l'inquiétude suscitée par le contact avec les voyageurs, la direction a été contrainte de réagir, certes bien tardivement. Le lundi l'espace accueil a été fermé, le mardi c'était au tour des guichets. Le personnel de la manœuvre et d'escale est réduit au « strict nécessaire ». Mais même ce strict nécessaire suscite des réactions. Est-il vraiment nécessaire de faire rouler les trains ? Pour qui ? Dans quelles conditions ?

Quant aux postes d'aiguillages et aux agents du Fret, les agents sont contraints de venir travailler, mais là aussi les réactions ne se font pas attendre. Pourquoi faudrait-il garder l'ensemble des postes ouverts ? Pourquoi continuer à faire rouler du fret ?

Toutes ces questions que se posent les cheminots sont bien sûr plus que légitimes et le sentiment que patronat et gouvernement sont prêts à tout pour leur sacro-saint profit est très présent. À la suite des déclarations de Macron lundi soir, beaucoup ont relevé que si l'on ne pouvait pas voir nos familles ou nos amis, on était assez bons pour se rendre au travail ! Beaucoup reprenaient aussi le fait que ce sont les mêmes qui détruisent le service public en supprimant des milliers de postes qui aujourd'hui en appellent au dévouement des travailleurs de ces entreprises. L'actualité dans les autres entreprises est elle aussi largement commentée.

Tout cela ne fait qu'alimenter un sentiment de colère et d'injustice. Et s'il existe un sentiment chez des collègues qu'il faut bien que certains trains roulent, l'immense majorité des cheminots du site ont bien conscience que même dans le combat contre le virus, il ne doit pas y avoir d'union sacrée.

Oui à la solidarité de classe, non à l'unité avec les patrons !