Contrat d’engagement jeune : toujours précaire et moins rémunéré

Brève
06/03/2022

Annoncé en juillet 2021 par Macron, le dispositif Contrat d’engagement jeune (CEJ) succède au dispositif Garantie jeune (GJ) depuis le 1er mars.
D’une durée de six à 12 mois, ciblé sur les 16-25 ans, le dispositif prévoit le versement d’une allocation maximale de 500 euros par mois, en fonction des ressources du jeune et de sa famille. Elle ne sera que de 200 euros pour les mineurs. Évidemment cette allocation ne sera pas cumulable avec le RSA ou une autre allocation. Ainsi, le remplacement du dispositif GJ par le CEJ, a donné l’occasion de réduire la rémunération des jeunes.
Fort soucieux de traquer les profiteurs quand ils ne sont pas patrons et milliardaires, le gouvernement précise bien que cette aumône ne sera versée que « sous condition de respecter ses engagements ». Le jeune devra donc fournir de 15 à 20 heures par mois, sous forme d’ateliers collectifs ou de stages d’immersion en entreprise accomplis avec assiduité.
Autre innovation, jusque-là les jeunes en Garantie Jeune étaient suivis par les Missions Locales. Pour le CEJ, Pôle emploi va maintenant concurrencer les Missions locales qui devront mettre en place davantage d’activités, sans moyen supplémentaire en personnels et en locaux. Sans que cela se traduise par plus d’efficacité, bien au contraire.
Même si le but n’est pas de faire disparaître ces jeunes des chiffres du chômage, ce dispositif n’offre guère d’avenir aux jeunes. Au bout de six mois à un an, ils reviendront à la case départ.

Reims

Périscolaire en colère

Brève
22/12/2021

Mardi 14 décembre, 120 grévistes des écoles de la ville de Reims se sont rassemblés devant l’hôtel de ville pour manifester leur colère.

Animatrices et animateurs, coordinateurs ou « atsem », tous sont employés par la mairie pour prendre en charge les enfants lors des temps dits « périscolaires », avant et après les cours. Fonctionnaires territoriaux, embauchés ponctuellement par contrat ou carrément comme vacataires, sans aucun droit à congés payés ni arrêt maladie, tous tombaient d’accord pour constater, par-delà les revendications propres à chaque situation, que leurs problèmes se résumaient à des effectifs insuffisants et à des salaires trop bas.

Ils ont saisi l’occasion d’un appel national à la grève pour réclamer des embauches et des augmentations. Comme dans bien d'autres villes, la grève a été majoritairement suivie avec 360 grévistes. La municipalité, débordée par cette mobilisation imprévue, a été contrainte d’organiser à la dernière minute l’accueil des enfants à la cantine avec les moyens du bord.

L'information à réjoui les grévistes qui ont décidé dans la foulée d'aller manifester joyeusement dans les bureaux de leur direction aux cris de « perisco en colère » et « Hé ho, on vient pour du boulot ! » De retour devant l’hôtel de ville, un groupe d’une quinzaine de volontaires prêts à se réunir pour organiser la suite a été élu. Rendez-vous est donc pris à la rentrée pour poursuivre la lutte !

Marne

Travailleurs du médico-social en lutte pour les salaires

Brève
11/12/2021

Mardi 7 décembre, plus de 300 travailleurs du médico-social ont manifesté devant la sous-préfecture de Reims dans le cadre d’une journée nationale d’action et de grève. Une mobilisation comme rarement le secteur en a connu ces dernières années. Ils protestent contre la dégradation incessante de leurs conditions de travail et les projets du patronat et du gouvernement de revoir à la baisse salaires et congés. La colère est d’autant plus grande que depuis le début de l’épidémie, ils ont fait face avec des moyens insuffisants.

Leur principale revendication porte sur une augmentation de 300 € pour tous ! Oui il y a urgence à imposer l'augmentation des salaires face à la flambée des prix.

Accident mortel à la sucrerie de Bazancourt

Cristal Union et Carrard Services condamnés

Brève
27/11/2021

En mars 2012, deux ouvriers cordistes sont morts ensevelis sous des tonnes de sucre dans un silo de l'usine Cristal Union à Bazancourt. Le 21 septembre 2021, le procès en appel s'est tenu à Reims et le verdict a été rendu public le 24 novembre.

Les deux entreprises sont condamnées à 100 000 € d'amende pour homicide involontaire. Le chef d'établissement de Cristal Union est condamné à 6 mois de prison avec sursis et 15 000 € d'amende. Le responsable de Carrard Services est, lui, hors de cause.

Il aura donc fallu près de dix ans pour que l'évidence soit reconnue : Cristal Union et l'entreprise sous-traitante sont responsables de la mort de ces deux ouvriers.

Mais les peines sont évidemment dérisoires : les amendes sont symboliques pour des groupes de cette taille ; quant à la prison avec sursis pour le seul responsable du site, c'est presque une provocation. Le tribunal savait en prononçant cette peine que ce patron-voyou avait récidivé entre temps. En effet, cinq ans après ce premier accident, un autre cordiste est mort dans le même silo.

Tant qu'on produira pour le profit, le sucre aura un goût de sang.

Conférence Santé Sud Haute-Marne

Une dernière pour la route ?

Brève
26/11/2021

Aux soignants de décider, pas aux financiers !

La troisième conférence Santé du département a débouché sur une certitude : il y en aura une quatrième.

Les participants débattent de quel établissement maintenir, ou de quelle complémentarité entre les structures, mais tous raisonnent dans le cadre d'un système qui a détruit tout ce qui fonctionnait.

La solution est pourtant connue : il faut embaucher suffisamment de personnel pour que les services fonctionnent sans pression, et avec un salaire qui permette de bien vivre. C'est ce que répètent les travailleurs de la Santé depuis des années.

Il est plus que temps que ce soit eux qui décident : ils n'auraient pas besoin de pareilles grand-messes pour organiser correctement les soins.