Airbus - Toulouse :  La colère monte d’un cran

Echo d'entreprise
22/03/2020

L’inquiétude des salariés est grande dans les usines de Toulouse où l’activité est arrêtée depuis une semaine, car il est question de reprendre le travail à partir de mardi 24. La direction assure que les outils, tablettes, machines ont été désinfectés pendant l’arrêt. Mais personne ne sait quelle société a fait ce travail ni dans quelle condition. Elle affirme aussi que cette désinfection sera également réalisée entre les deux nouveaux horaires (6h-12h et 15h-21h), c’est à dire pendant les trois heures d’intervalle, dès mardi prochain. Mais comment croire cela ? Elle affirme également qu’elle a 20 000 masques pour les salariés, alors qu’il en manque dans les hôpitaux et les EPHAD, les aides à domicile, et les caissières de supermarché. Mais manifestement Airbus passe avant.

Bref, en plus de l’inquiétude, c’est la colère qui monte. A la fois elle se veut rassurante en disant aux ouvriers que s’ils ont une amende en venant travailler mardi, c’est Airbus qui règlerait la note. Et dans le même temps, elle fait un chantage aux salaires et aux heures supps : elle annonce que les heures non faites après la reprise de mardi seront rattrapables en heures supps, et cela jusqu’en décembre. Quant aux congés payés et à la banque de temps, ils ne sont plus intouchables. Par ailleurs, pour les ouvriers qui font valoir leur droit à garder leurs mômes, il arrive qu’Airbus oublie d’avertir la CPAM.

La direction demande à ses chefs de créer des groupes Whatsapp sur leur secteur. Officiellement c’est pour rassurer les ouvriers, en réalité c’est pour les convaincre de venir travailler un point c’est tout, et souvent en mentant effrontément. Par contre dans les groupes Whatsapp que des ouvriers ont créé entre eux, c’est un vrai dégoût qui s’exprime contre cette irresponsabilité patronale. Si c’était pour venir fabriquer des respirateurs ou des masques ou du gel, des volontaires il y en aurait. Mais pour faire du montage d’avions, qui pour l’instant ne volent plus vraiment, où est l’intérêt en dehors de convaincre qu’un ouvrier ça travaille quelle que soit les conditions, et ça se tait.

Au final, sur Saint-Martin où la reprise de mardi devrait se faire au volontariat, les volontaires sont rares. A l’usine de Saint-Eloi, c’est aussi soi-disant au volontariat, mais « il faut venir » disent les chefs : il y a une liste d’ouvriers requis. Mais là aussi, il y a fort à parier que les machines ne feront pas beaucoup de bruit ce mardi.