Angoulême (Charente)

Eau contaminée : désinvolture coupable

Brève
01/05/2022

L’eau du robinet est contaminée dans 27 communes de l’agglomération d’Angoulême. Cette contamination est due à la présence de parasites d’origine animale que l’entreprise publique SEMEA impute à de récentes pluies abondantes. Cette eau contaminée peut induire des douleurs abdominales fortes, des vomissements, de la fièvre. L’analyse de l’eau a été conduite le 20 avril. Et l’information n’a été rendue publique que le… 29 avril par la presse locale, l’entreprise se contentant de préconiser l’eau en bouteille ou de faire bouillir l’eau 5 minutes.

La réaction générale est celle d’une émotion et une inquiétude, en particulier concernant les bébés, les enfants et les personnes fragiles, notamment aidées à domicile. Et d’indignation devant le retard à divulguer l’information. Oui, la désinvolture dangereuse de la SEMEA et de l’agence régionale de santé ont de quoi choquer.

Maison d’arrêt de Rochefort (Charente-Maritime)

Conditions indignes

Brève
11/03/2022

Une société se juge à l’état de ses prisons, affirmait l’écrivain Albert Camus. Celle de Rochefort, âgée de deux siècles et prévue pour un maximum de 52 prisonniers, en détient ordinairement 80 en moyenne, nombre qui atteint aujourd’hui 98, après un record de 106 mi-février. Des détenus ont été installés sur des matelas par terre – ils sont 700 dans ce cas en France – et il faut leur marcher dessus pour aller aux toilettes. Les surveillants sont débordés, 20 % de l’effectif est en arrêt maladie ou parti en retraite et non remplacé.

Ce n’est pas pour rien que le dit « pays des droits de l’homme » a été condamné en 2020 par la Cour européenne des droits de l’homme pour ses « conditions de détention inhumaines et dégradantes ». Et l’exemple de Rochefort montre que la situation s’est même aggravée depuis.

Adrexo (Poitiers – Vienne)

Une colère qui ne retombe pas

Brève
14/02/2022

Les grévistes en manifestation dans Poitiers

Les travailleurs du site de Poitiers d’Adrexo, entreprise de distribution de colis – filiale du groupe Hopps –, ont fait deux semaines de grève. Ce mouvement fait suite à un précédent conflit, en septembre, qui s’était conclu par l’attribution d’une prime repas de 9,50 € par jour travaillé (pouvant représenter de 200 à 300 euros par mois).

Comme rien n’a été versé, la colère a explosé de nouveau et les conditions de travail se sont ajoutées aux griefs vis-à-vis de la direction. Sous-équipement en moyens matériels (2 transpalettes pour 32 travailleurs, des tables de travail bricolées avec des palettes), journées à rallonge : la coupe a largement débordé et la grève s’est propagée à d’autres site (Saint-Étienne, Avignon,…).

Si des améliorations des conditions de travail ont été obtenues (en moyens matériels), le versement de la prime de panier est toujours hypothétique. Gageons que ces travailleurs n’hésiteront pas à user de nouveau du seul langage que comprennent les patrons : le rapport de force.

La Rochelle (Charente-Maritime)

C’est la précarité qu’il faut combattre

Brève
10/02/2022

Une dizaine de livreurs à vélo Uber Eats ont boycotté les commandes au McDonald’s des Minimes dimanche 6 février. Ils se plaignent d'une attente trop longue : une trentaine de minutes au lieu de 8 à 10 dans les restaurants classiques.

Le dimanche précédent une altercation entre un de ces livreurs et un employé du McDo en est venue aux mains.

Ces travailleurs, aussi précaires les uns que les autres, ont des salaires tout aussi minables. Attendre, pour les uns, c'est faire moins de rotations et moins de « recettes » ; aller plus vite, pour les autres, est infernal, voire impossible. Ils n'ont pas le même patron, mais leurs intérêts sont les mêmes : s'unir contre leurs patrons respectifs pour de meilleurs revenus et conditions de travail.

Meubles Demeyere

Les vautours d’hier et de demain

Brève
07/02/2022

L’entreprise Demeyere, fabricant de meubles, a été placée en redressement judiciaire. Des offres de reprise ont été annoncées. Elles prévoient des licenciements parmi les 750 salariés, dans le Nord et à Nersac en Charente.

La famille Demeyere s’est enrichie sur l’exploitation de plusieurs générations de travailleurs. Tout comme se sont enrichis les propriétaires de la grande distribution, comme ceux de Conforama, client des meubles Demeyere.

Il n’y a pas de raison que les travailleurs soient bradés dans les grandes manœuvres entre actionnaires d’hier et de demain. Tous ces actionnaires sont riches à millions, voire à milliards. C’est en récupérant cet argent, en fait le leur, que les travailleurs pourront s’assurer un avenir.