Fountaine-Pajot (Charente-Maritime) :  Catamarans pour les uns, pas marrant pour les autres

Echo d'entreprise
12/02/2021

L'usine Fountaine-Pajot de La Rochelle, dans les locaux de l'ancienne usine d'hydravions de la Société de construction aéronavale

Selon son directeur interviewé par Sud-Ouest, le groupe nautique se prépare à un boom des ventes de ses catamarans de luxe – certains valent plus de 2 millions d’euros. Signe certain que la crise ne touche pas les revenus de la bourgeoisie.

Le groupe a maintenu ses profits bruts à 21 millions d’euros en 2020 malgré l’arrêt de production pendant le confinement du printemps. Ces profits sont payés doublement par les salariés : par leurs impôts, quand l’entreprise bénéficie d’aides de l’État comme le paiement du chômage partiel, et par leur exploitation accrue, quand les salaires stagnent à 1 400 € ou quand le travail en 2 x 8 se généralise pour rentabiliser les installations existantes sans investir, au prix de la santé des travailleurs.

Tout cela pour des clients qui ne passent souvent qu’une semaine par an sur leur bateau, quand les ouvriers sont dessus à longueur d’année, non pas debout sur le pont mais contorsionnés dans la coque, et à respirer non l’air marin mais les solvants.

Lire aussi sous ce lien l’article du journal Lutte ouvrière sur ce sujet.

Dufour-Yachts (Périgny, Charente-Maritime) :  Grève pour une prime de quart

Echo d'entreprise
12/02/2021

Grévistes de Dufour le 6 février

L’usine Dufour a été rachetée par Fountaine-Pajot en 2018. Mais alors que le travail posté en 2 x 8 donne droit à une prime de quart, déjà bien maigre, de 4,25 € brut par jour à dans les autres usines du groupe, ceux de Dufour n’en touchent aucune. Cela a déclenché pendant une semaine une grève spontanée des travailleurs du montage en 2 x 8, à laquelle se sont joints par solidarité des travailleurs non concernés – pour le moment – par les quarts. Ils ont gagné un début de prime (2 € brut par jour).

Les profits du groupe Fountaine-Pajot atteignaient 30 millions brut en 2019. Cela représente 23 000 € par salarié ! Il y a donc vraiment de quoi payer non seulement une prime décente mais aussi des augmentations de salaires pour tous.

Lire aussi sous ce lien l’article du journal Lutte ouvrière sur ce sujet.

Poitiers (Vienne) :  Coronavirus ou pas, le mépris patronal perdure

Echo d'entreprise
25/03/2020

Dans une structure associative d’aide à la personne, mardi 17 mars, alors que le gouvernement avait annoncé un confinement applicable le jour même dès midi, le travail a débuté comme un jour ordinaire, donc sans aucune consigne de protection. La direction n’avait d’ailleurs prévu ni gants, ni gel désinfectant pour les personnels concernés.

En fin de journée, lors de la réunion organisée par la direction avec les travailleurs pour évoquer la pandémie, une employée s’est mise à tousser. Le directeur lui a alors demandé de quitter la réunion et d’aller voir son médecin. Pour prescrire un arrêt maladie classique (non lié au virus), ce dernier l’a incompréhensiblement renvoyée, hors de tout cadre légal, pour accord, vers sa direction… qui a refusé l’arrêt, demandant à cette salariée de prendre sur ses congés ou sur son volant d’heures de récupération pour se soigner !

Avec cette pandémie, décidément, le culot patronal n’a plus de limite. Il n’y a qu’un seul vaccin contre cela : la colère des travailleurs !

Entreprises de Charente-Maritime :  Le virus du profit sévit

Echo d'entreprise
18/03/2020

Le travail continue dans bien des entreprises du département dont la production n’a pourtant rien d’urgent. C’est le cas par exemple de deux sous-traitants aéronautiques à Rochefort : ce n’est qu’après le déclenchement de l’agitation parmi les travailleurs que la direction les a mis en chômage partiel, mardi à Simair et mercredi à Malichaud, et en refusant de le payer à 100 %.

À La Rochelle, alors que le maire J.-F. Fountaine suspendait dès dimanche le travail d’une partie des employés de la ville, son groupe de construction navale Dufour-Fountaine-Pajot a attendu mardi 17 midi pour arrêter la production de bateaux de plaisance de luxe, quand l’agitation s’y est faite sentir.

À Alstom (Aytré), près de 2 000 salariés sont concentrés sur le site. Ils utilisent les mêmes outillages à plusieurs, travaillent dans des espaces confinés, sans parler de la promiscuité dans les vestiaires et les douches. Un débrayage eut lieu mardi 17, suivi de l’exercice du droit de retrait, pour réclamer l’arrêt complet de la production et le paiement des salaires à 100 %. La réponse de la direction fut d’imposer un arrêt d’une semaine pris sur les RTT des salariés.

À Léa Nature (1 000 salariés sur le site), le patron invoque la production d’aliments bio… pour continuer la production y compris dans la partie cosmétique, et alors que deux cas de maladie ont été annoncés dans l’entreprise.

Au centre d’appel téléphonique Sitel, 40 % des 750 salariés sont arrêtés pour garde d’enfant, mais seuls ceux ayant un an d’ancienneté minimum sont payés à 100 %: les autres, nombreux, ne touchent que 50 %. Mardi matin, apprenant des suspicions de cas de Covid-19, les trois quarts des travailleurs ont débrayé et, rassemblés devant l’entreprise, ont copieusement hué la directrice, accusée de n’avoir pas pris les mesures sanitaires élémentaires. Le travail continuait d’autant plus que certains des clients de Sitel (SFR, Orange, Engie, Sofinco) ont fermé leur propre centre d’appel et fait pression sur leurs prestataires, tel Sitel, pour qu’ils fassent ce travail en plus. C’est d’autant plus révoltant qu’Engie par exemple, contrairement à Sitel, dispose des installations permettant le télétravail. Et certains appels, comme ceux pour Orange qui ne concernent que des clients entreprises, n’ont pas d’utilité immédiate. La direction se prépare à imposer le chômage partiel à certains, mais comme une grosse partie du salaire est constitué de primes, beaucoup ne toucheraient plus que 50 % de leur salaire net.

Les travailleurs peuvent ainsi mesurer l’écart scandaleux entre les discours sur la santé publique et ce qu’ils vivent dans leur entreprise, et entre le sauvetage des profits patronaux par Macron et l’effondrement de leurs revenus.

Droit de réponse

Nous publions ci-dessous un droit de réponse de  Charles KLOBOUKOFF, Président Fondateur de la société GROUPE LEA NATURE.

La santé et la prévention des salariés sont les priorités de Léa Nature.
A ce jour, aucun cas avéré n’est recensé sur les sites du Groupe Léa Nature. Aucun.
Toutes les garanties de sécurité sanitaire des salariés et les mesures barrières sont appliquées, dans le strict respect des règles et directives locales et nationales, et le nettoyage a été renforcé. Ces mesures sont complétées par la mise à disposition de masques pour les salariés qui ressentent le besoin d’en porter un.
Notre laboratoire cosmétique a spécialement fabriqué du gel hydroalcoolique pour l’usage de nos salariés (nos équipements ne peuvent pas en fabriquer en quantité industrielle pour la vente). Notre usine cosmétique continue de fabriquer des produits d’hygiène, qui font aussi partie des produits de 1ère nécessité, et d’autres soins cosmétiques pour éviter les ruptures, et ce en fonction des équipes disponibles.
L’ensemble du management est mobilisé pour veiller à l’application des consignes et pour répondre à toutes les questions que se posent les salariés, en s’appuyant sur les directives gouvernementales. Un comité décisionnel COVID 19 ajuste au jour le jour les mesures internes. Seuls les services indispensables au fonctionnement de la production et gestion des flux produits restent actifs sur site.
Sur l'ensemble des sites de Périgny, Léa Nature emploie 650 salariés (plus 200 commerciaux répartis sur la France) et non 1000 comme indiqué dans votre article. Actuellement, 550 salariés sont en télétravail. Il ne reste que 300 salariés sur les sites, dont 95 en logistique, 50 en service minimum dans les bureaux, 85 en production alimentaire et environ 60 en production hygiène beauté. La production va être repriorisée lundi et l'organisation ajustée : cela fera l’objet d’une communication en début de semaine.
Dons d’alcool pharmaceutique et de gels hydroalcooliques pour les Centres Hospitaliers de La Rochelle et Saintes, et de masques pour la Ville de La
Rochelle.
Léa Nature va donner 60 litres d’alcool de blé bio, conditionnés par bidons de 10 ou 20 litres, pour l’hôpital de Saintes qui fabriquera ensuite ses propres gels hydroalcooliques pour le personnel de santé et les patients.
Léa Nature va fabriquer et donner 200 kg de gel hydroalcoolique, conditionnés en seaux de 30 litres, pour l’hôpital de La Rochelle, avec une dérogation spéciale, n’ayant pas les équipements prévus à cet effet.
5000 masques ont été donnés hier à la Mairie de La Rochelle, destinés aux soignants libéraux de la Ville, hôpitaux et associations venant en aide aux démunis et aux sans-abris.
Nous venons également d'être sollicités ce jour par le Commandant des pompiers de La Rochelle, pour leur fabriquer également du gel hydroalcoolique.
Les acteurs de la chaîne alimentaire sont stratégiques.
Les directives gouvernementales sont claires : il faut maintenir la production pour nourrir une population confinée à domicile et les hôpitaux.
Le secteur alimentaire dans son ensemble est invité à travailler pour garantir la "sécurité économique du pays" en pleine alerte sanitaire (conformément aux recommandations du Ministre de l’Economie Monsieur Bruno LE MAIRE - AFP du 18/03/2020).
En maintenant ses activités de productions alimentaires et de produits d’hygiène, Léa Nature assure une mission essentielle à la Nation.
Léa Nature remercie l’ensemble des salariés mobilisés en production comme en logistique, et ses managers présents, exemplaires dans la situation exceptionnelle que nous subissons. Ils font preuve de toutes les précautions, de responsabilités et d’un bel esprit de solidarité.