SNCF - Gares lyonnaises :  Derrière la com’, la pénurie et les risques

Echo d'entreprise
07/05/2020

Des beaux ronds dans une gare vide... dérisoires quand la gare sera pleine

Dans sa charte « en train, tous responsables », la SNCF explique que les voyageurs devront tous porter un masque. Mais sur le terrain, les travailleurs des entreprises sous-traitantes n’en ont pas assez : les agents de sécurité de l’entreprise BSL, qui intervient dans les gares lyonnaises, n’ont ainsi pour l’instant qu’un seul masque par jour. Au nettoyage, la situation est similaire.

Le gouvernement a annoncé que les agents SNCF assermentés, tels que les contrôleurs, pourraient infliger des amendes aux voyageurs sans masque, mais aujourd’hui, il est compliqué d’en avoir un, que l’on soit voyageur ou salarié intervenant dans les transports en commun ! Les cheminots reçoivent bien deux masques par jour, mais ce sont de simples masques chirurgicaux. Or, dans un règlement interne de 2007, la SNCF prescrivait des masques FFP2 pour les agents en contact avec le public.

Alors, les chartes et autres stickers collés au sol dans les gares pour montrer les distances nécessaires font jolis, mais concrètement, sur le terrain, les inquiétudes sont grandes.

Renault Trucks - Lyon :  Renault Trucks tombe le masque

Echo d'entreprise
06/05/2020

Pour BFM, tout était prêt pour la reprise

A Renault Trucks, le travail a repris depuis maintenant plus d’une semaine. Et même si au départ la direction a multiplié les réunions pour tenter de rassurer sur la reprise, le naturel a assez vite repris le dessus. La direction avait promis des masques pour tous les salariés. Au début des masques chirurgicaux ont été distribués. Mais ensuite, l’épaisseur des masques a eu de quoi susciter l’inquiétude : bien plus fins que des masques chirurgicaux, plus fins même que le papier toilette. En diminuant d’épaisseur, le prix de ces masques avait-il lui aussi diminué ? Nul ne le sait mais devant les questions que se posaient pas mal de travailleurs, la direction les a retirés de la circulation, en attendant des tests.

De même il n’a pas fallu attendre longtemps pour que des responsables se plaignent d’un manque de production, alors que nous devons nettoyer nos postes de travail et respecter toute une série de consignes avec le port du masque en permanence.

La direction était pressée de faire reprendre le travail avant même la fin du confinement. Et si elle répétait sans cesse, dans l’usine ou devant la presse, que la santé des salariés était sa première priorité, les responsables ont vite retrouvé leurs préoccupations : nous faire travailler toujours plus avec toujours moins.

Agglomération de Grenoble :  Les locataires HLM vont payer pour les patrons du BTP

Echo d'entreprise
29/04/2020

La SDH (Société dauphinoise pour l’habitat) est un gros bailleur social privé du groupe “Action Logement”, piloté par le MEDEF. Elle vient d’annoncer la prise en charge “des surcoûts générés par les mesures de protection sanitaire sur ses chantiers”, un cadeau aux entreprises du BTP qui oscille entre 700 000 et un million d’euros, afin, dit-elle, “de préserver leur équilibre financier déjà très éprouvé”.

Le patronat du BTP bien arrosé par l’Etat, la Région et la Métro (communauté d’agglomération) sera donc aussi “aidé” par l’argent des loyers des locataires modestes des HLM à qui, bien sûr,  on n’a pas demandé l’avis.

Quant aux employés de la SDH, comme les gardiens d’immeubles, ils ont reçu seulement deux masques... fait main.

APF – Annonay (Ardèche) :  Reprise sur le dos des travailleurs

Echo d'entreprise
23/04/2020

     APF fabrique des bâches et liner en plastique pour piscines. Comme d’autres, l’usine a repris (le lundi de Pâques !) sans attendre la levée du confinement. Des mesures de sécurité minimales ont été prises. Elles n’annulent pas les risques et rendent le travail encore plus difficile. Le travail est physique, avec masques et lunettes, on étouffe vite, alors qu’il ne fait pas encore très chaud. Et en plus de la production, c'est aux ouvriers de désinfecter les postes régulièrement.

     Un atelier a repris avec des horaires de plus de 47h par semaine. Et les ouvriers sont sollicités pour venir le samedi. Sous prétexte de sécurité, la machine à café est supprimée, ainsi que la pointeuse… alors que le pointage se fait sans contact ! Le patron espère rendre plus difficile le décompte des heures, un moyen de voler les ouvriers.

     Produire du matériel de piscine en pleine épidémie, n'a rien de nécessaire. Les machines d’APF pourraient servir à produire des blouses pour les hôpitaux si les travailleurs en décidaient.

Solvay Saint-Fons (Rhône) :  Une épidémie porteuse d’opportunités pour le patron

Echo d'entreprise
23/04/2020

Sur le site de Saint-Fons, qui produit entre autres de la vanille de synthèse, le mois de mars a vu battre des records de production. Pour certains produits, Solvay a pu conquérir des parts de marché face à des concurrents forcés d’arrêter leurs activités avec la crise sanitaire. Une production d’autant plus rentable avec la chute du prix des matières premières. Cette guerre économique, Solvay la mène avec la santé des travailleurs en produisant coûte que coûte malgré le confinement.

En même temps, Solvay donneur d’ordre impose à certaines entreprises sous-traitantes de mettre une partie de leurs travailleurs en congés ou en chômage partiel. En maintenance par exemple, seules les tâches urgentes sont assurées. Les premiers perdants sont les travailleurs de ces entreprises, qui ne toucheront que 84 % de leurs salaires, et sans les primes.

Le gagnant c’est Solvay, qui va économiser sur les contrats de prestation en ne payant pas ces heures… tout en gardant le même niveau de production et de bénéfices. Tout cela aux frais de l’État et de l’Unedic, qui payent le chômage partiel !

Hôpital du Vinatier – Bron (Rhône) :  Covid...age de lits, non merci !

Echo d'entreprise
22/04/2020

des manifestants de l'hôpital du Vinatier

     A l'hôpital psychiatrique, une centaine de soignants se sont rassemblés, mardi 21 avril, à l'initiative des équipes d'unités qui sont visées par une fermeture. Lors de l'action, les slogans étaient : "fermeture de lits = patients en danger",  "covid...age de lits, non merci"...

     Pour justifier ces fermetures, la direction prétend qu'il faut libérer du personnel pour faire face à l'absentéisme. C'est un mensonge, car l'absentéisme est à peine plus grand qu'habituellement. La direction a déjà fermé 80 lits depuis le début de la crise et 80 patients ont été mis dehors précipitamment. Certains ne donnent plus de nouvelles. La direction prétend rouvrir ces unités après la crise. Personne n'y croit. Elle profite sans doute de la situation pour accélérer les fermetures de lits à l'hôpital.

     Elle a à cœur de rembourser un emprunt de 10 Millions d'euros auprès des banques. C'est donc pour assurer une rente aux financiers qui étranglent l'hôpital, que des postes de soignants sont supprimés et des patients mis dehors. La réaction du personnel témoigne du ras-le-bol de cette politique inhumaine. Heureux de s'être retrouvés nombreux malgré la période, les agents se sont rassemblés de nouveau mercredi à une cinquantaine et ils ont décidé de se retrouver de nouveau jeudi, et tous les mardis et jeudis suivants.

 

   

 

Renault Trucks – Vénissieux :  Les pièces avant la santé des salariés

Echo d'entreprise
21/04/2020

Un rassemblement à la PR à Vénissieux

     Le secteur des pièces de rechange n’a jamais cessé de travailler, avec 250 salariés, soit la moitié de l’effectif. La direction ne se contente pas de faire servir les pièces urgentes pour les véhicules en panne, mais aussi les pièces pour le renouvellement des stocks.

     Il a fallu des protestations et des délégations pour que la direction prenne un minimum de précautions comme la fourniture de gel hydro-alcoolique, le nettoyage des engins de manutention et une fin de poste anticipée pour que les équipes ne se rencontrent pas sur le poste... Mais le fait qu’il y ait plus d’une vingtaine de salariés en arrêt pour suspicion de contamination, certains avérés puisque testés, les autres ne l’ayant pas été, montre que ce minimum est bien insuffisant. Et c’est seulement le 20 avril que des masques ont commencé à être distribués !

     Pour faire passer la pilule, Renault Trucks va verser une prime de 50 € par jour travaillé entre le 18 mars et le 16 avril. Cela ne fera pas oublier les risques encourus par ceux qu’on a obligés à travailler dans de telles conditions, tout ça pour maintenir les profits de Renault Trucks.

Hôpital de la Croix-Rousse - Lyon :  Le virus a bon dos

Echo d'entreprise
15/04/2020

L’hôpital ne cache plus son intention de rouvrir un maximum de services, malgré les risques de contamination au COVID-19. Mais si l’on peut comprendre la nécessité d’accueillir à nouveau les patients qui doivent recevoir des soins, il s’agit surtout, pour la direction de l’hôpital, de privilégier tout ce qui rapportera le plus à son budget…

C’est bien pour cette raison qu’un message vient d’être envoyé à l’ensemble du personnel, médical et non-médical : en prétextant un appel à la « mobilisation » face aux conséquences de la crise sanitaire, la direction s’y donne le droit de supprimer les congés d’été de n’importe quel salarié de l’hôpital, pour peu qu’elle juge sa présence nécessaire. Et alors que l’épidémie de COVID-19 est encore loin d’être terminée, elle impose aux salariés de prendre leurs congés dès maintenant, dans le but de les forcer à venir travailler en juillet et en août !

Cela fait déjà quelques années que la direction cherche à limiter les congés d’été pour maintenir ouverts les services les plus rentables. Et aujourd’hui, elle utilise honteusement la pandémie comme un prétexte pour légitimer les reculs qu’elle veut imposer au personnel depuis longtemps. Sur ce terrain, les hôpitaux ne se comportent pas autrement que bien des entreprises… Mais quelles que soient les façons de justifier ces attaques, les travailleurs n’ont pas à accepter de se sacrifier !

Sanofi-Pasteur - Marcy l'Etoile (Rhône) :  La direction ne masque pas son mépris

Echo d'entreprise
15/04/2020

« Ras-le-bol de venir bosser dans ces conditions et de produire des vaccins qui sont déjà en sur-stocks !», voilà ce qu'ont exprimé les 60 à 70 travailleurs de Sanofi Pasteur qui ont débrayé et se sont rassemblés sur le site de Marcy-l’étoile (Rhône) ce mardi 14 avril.

Une « guerre » – pour reprendre le terme de leurs managers – qu'on leur demande d'affronter parfois sans masque de protection et avec des contrôles de température corporelle grotesques qui donnent des résultats à 33, 34 ou 35 °C !

Pour couronner le tout, la direction ne verse pas aux quelques 1000 travailleurs (sur 5000), obligés de venir à l’usine, les 1000 € de prime que le gouvernement a évoqués... Elle s'est contentée de leur verser 15% du salaire de base, une somme qui n'atteint pas les 300 € pour beaucoup. Cela n'empêche pas Sanofi de verser des dividendes à coups de milliards à ses actionnaires...

Face au mépris de la direction, une fraction des travailleurs a décidé de ne pas rester sans rien dire !

Ugitech (Ugine, Savoie) :  La production repart malgré l'épidémie

Echo d'entreprise
09/04/2020

L'aciérie Ugitech d’Ugine, qui emploie plus de 1200 personnes, avait, partiellement, réduit son activité en raison de l'épidémie de coronavirus le 18 mars dernier. À partir de cette semaine, elle va être pleinement relancée, secteur par secteur, la direction prétendant avoir pris les mesures suffisantes, comme la fourniture de « kits de désinfection par espace de travail », pour éviter toute contamination. Les travailleurs sont appelés à toucher les portes avec… la cuisse, le genou ou le coude, et non directement avec les mains… C’est le moins que la direction puisse faire.

Mais c’est l’activité même de l’entreprise qui pose problème puisque les aciers spéciaux produits sont surtout destinés au secteur de l'automobile ou de l'aéronautique. Des activités pas vraiment prioritaires dans la période actuelle…

Les patrons de la métallurgie se sont enrichis depuis les maîtres des forges sur l’exploitation des salariés, et l’épidémie actuelle ne les rendra pas moins irresponsables. Seuls les travailleurs pourront s’y opposer.

 

Droit de réponse demandé par Frédérique Tissot pour Ugitech SA

« Votre site Internet Lutte Ouvrière Auvergne Rhône Alpes a publié le 9 avril dernier, un article concernant Ugitech ne reflétant pas la réalité et qu’il convient de rectifier.

La Direction d’Ugitech a 2 impératifs : d’abord préserver la santé et la sécurité de ses salariés mais aussi, préserver la santé de l’entreprise, notamment ses emplois, en maintenant son activité pour servir ses clients, notamment ceux travaillant pour le médical ou l’alimentaire...  Ugitech a arrêté son activité industrielle du 18 mars au 10 avril 2020 pour analyser les risques liés au Covid 19 et prendre toutes les mesures de prévention adéquates pour assurer la santé et la sécurité de son personnel et ce, en lien avec les CSE (…) Ce sont près de 1.000 salariés qui ont été ainsi ré accueillis selon ce protocole qui a fait l’objet d’un accord d’entreprise signé par 3 des 4 organisations syndicales. La quatrième reconnaissant que « l’entreprise a fait un gros travail de désinfection et d’analyse des postes de travail, de mise à disposition de matériel de façon à ce que les salariés puissent être le plus en sécurité possible face à cette épidémie » n’a toutefois pas souhaité le signer. (…) C’est en toute méconnaissance de cause que le rédacteur affirme : « (C’est) l’activité même de l’entreprise qui pose problème puisque les aciers spéciaux produits sont surtout destinés au secteur de l'automobile ou de l'aéronautique ». En effet, l’automobile ne représente que 25 % de la production d’Ugitech. En revanche, Ugitech fabrique environ 50 000 tonnes par an pour les industries agro-alimentaires. 2 500 tonnes sont par ailleurs destinées au marché médical pour réaliser notamment des dispositifs implantables ou des instruments médicaux. »