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Dans les entreprises
Accidents du travail : les jeunes en première ligne
La même semaine deux jeunes travailleurs sont morts sur leur lieu de travail.
Le 17 avril, un lycéen de quinze ans, en stage dans une entreprise du BTP dans le Gard, a été écrasé sur son chantier par un chariot élévateur. Dans la nuit du 17 au 18 avril, un intérimaire de 22 ans travaillant de nuit dans l’usine Lustucru de Saint-Genis-Laval, est tombé dans un hachoir et a été retrouvé mort vers 23 heures.
Quels que soient les résultats des enquêtes menées sur ces deux accidents, ces deux morts atroces, insupportables pour leurs proches, s’ajoutent à une liste trop longue.
Les accidents du travail touchent, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), 2,5 fois plus les jeunes de moins de 25 ans. Dans le journal de la CGT, La Vie ouvrière, des responsables syndicaux rappellent que l’accompagnement des apprentis en formation et des intérimaires par un travailleur expérimenté est de plus en plus négligé par des patrons qui poussent à la rentabilité : à l’usine Lustucru, le syndicat avait alerté sur des dysfonctionnements et des problèmes de sécurité.
Augmentation des cadences, hausse de l’intérim et des contrats CDD, conditions de travail dégradées, sous- traitance : la pression au travail pousse à prendre des risques. Les patrons sont bien secondés par le gouvernement : ce dernier diminue régulièrement le nombre d’inspecteurs du travail qui sont censés se charger chacun du sort de 12 000 salariés ! Les comités hygiène et sécurité ont été supprimés en 2020. Et, dans l’Union européenne, la France continue à battre des records pour l’insécurité au travail.
Tout est fait pour que le travail continue à tuer tous les jours.