Aide à mourir : un droit toujours sous condition22/07/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/07/P4-1_Aide_%C3%A0_mourir_OK_LUPO.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C1066%2C600_crop_detail.jpg2026-07-22

Leur société

Aide à mourir : un droit toujours sous condition

Le 15 juillet, après des années de tergiversations et de reports, l’Assemblée nationale a adopté en lecture définitive une loi créant un droit à l’aide à mourir.

Illustration - un droit toujours sous condition

Malgré de nombreuses restrictions, celle-ci permettra aux malades atteints d’une « affection grave et incurable » en phase terminale de pouvoir mettre fin à leurs jours. Elle ne sera accessible qu’aux patients capables de manifester leur volonté « de façon libre et éclairée », et dont la maladie occasionne une souffrance insupportable.

Pourtant certains députés et politiciens continuent à s’y opposer, souvent au nom de principes religieux. Macron lui-même ne s’est résolu à faire passer cette loi qu’à la toute fin de son deuxième mandat, et après avoir complaisamment consulté diverses sommités ecclésiastiques, jusqu’au pape en personne. La congrégation des Petites Sœurs des pauvres, qui possède 30 Ehpad en France, a par exemple annoncé qu’elle refuserait d’appliquer la loi, quitte à encourir des peines juridiques. Elle est soutenue par les 60 sénateurs LR qui ont déposé un recours au Conseil constitutionnel, réclamant une clause de conscience collective exonérant des établissements entiers, comme il en existe pour le droit à l’avortement.

Ces messieurs prétendent agir au nom de la « dignité de la personne humaine ». Bruno Retailleau a quant à lui déploré : « Ce n’est pas une loi de fraternité, c’est plutôt une loi d’abandon. » Ces politiciens réactionnaires sont les premiers à applaudir les mesures qui saccagent le système de santé, qui s’attaquent aux travailleurs immigrés, ou qui visent à augmenter les budgets militaires. Que de choses contradictoires avec la dignité de la personne humaine !

Cette loi est une avancée pour les patients concernés et pour leur entourage, c’est un soulagement. Mais elle reste d’une immense hypocrisie. D’abord parce qu’il est proclamé haut et fort que les patients en phase terminale doivent pouvoir accéder aux soins palliatifs. Aujourd’hui moins de la moitié de ces malades peuvent le faire. Vingt départements n’ont aucune unité de soins palliatifs et il n’existait, en 2024, que 7 500 lits de ce type. Alors quand le gouvernement promet une augmentation de 60 % de leurs moyens, au moment où tous les budgets pour la santé sont attaqués, qui peut croire un tel mensonge ?

Les conditions réservées aux malades en fin de vie illustrent l’incapacité de cette société à permettre une mort dans la dignité.

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