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Dans les entreprises
Aides à domicile : essentielles et sous-payées
La ministre de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées a pris, le 19 mars, un arrêté qui va contre l’intérêt de beaucoup de personnes concernées par ce titre ronflant.
Stéphanie Rist s’oppose à l’avenant 72 de la convention collective des 192 000 aides à domicile comportant une revalorisation de leur salaire de 64 euros brut par mois. Cet avenant avait été approuvé, non seulement par les syndicats de salariés, mais aussi par la fédération patronale USB-domicile, la plus importante du secteur.
Ce secteur regroupe des employeurs privés, mais aussi beaucoup de structures associatives sur lesquelles les départements et l’État se déchargent. Elles œuvrent à maintenir à domicile les personnes trop âgées, handicapées ou en mauvaise santé pour accomplir seules les tâches du quotidien. Ces milliers d’employeurs peinent à recruter suffisamment d’aides à domicile, à 95 % des femmes, pour assumer ces tâches qui augmentent avec le vieillissement de la population. Ils ont donc approuvé l’avenant revalorisant les salaires du secteur, dont 40 % sont inférieurs au smic à cause des temps partiels.
Mais les départements ne veulent pas allouer plus d’argent à ces associations et l’État ne veut pas compenser les 145 millions d’euros par an que cette modeste augmentation représenterait. Au passage, l’arrêté ministériel s’oppose aussi à d’autres mesures comme des primes, des tickets-restaurant ou des augmentations du taux payé pour les heures de nuit.
Les aides à domicile resteront donc sous- payées et bien des personnes ayant besoin d’aide n’en trouveront pas, mais l’État pourra acheter à Dassault deux Rafale supplémentaires.