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Leur société
APL : supprimée pour les étudiants étrangers
À partir de l’été 2026, les étudiants étrangers faisant leurs études en France seront privés de l’aide personnalisée au logement (APL). Une mesure réclamée par l’extrême droite et appliquée docilement par le gouvernement avec l’aval du PS.
Le Parti socialiste, pour justifier sa non-censure du budget 2026, s’était vanté d’avoir obtenu des « reculs » du gouvernement, notamment sur le gel prévu des APL. Il s’est moins vanté, en revanche, d’avoir donné son accord à l’introduction de la « préférence nationale » pour l’octroi de l’APL aux étudiants.
Jusqu’à présent, les étudiants étrangers y avaient droit dans les mêmes conditions que les Français. Le changement des règles décidé par le gouvernement permettra de faire environ 200 millions d’euros d’économie par an au détriment de ces étudiants. Et surtout, le gouvernement escompte bien tirer un bénéfice politique de cette mesure démagogique destinée à plaire à l’électorat d’extrême droite.
Concrètement, seuls les étudiants étrangers boursiers pourront désormais toucher les APL. Ils ne sont que 2 % d’entre eux tant les conditions d’accès aux bourses sont resserrées, en particulier pour les étudiants extracommunautaires. Selon les chiffres de la Fondation pour le logement, près de 300 000 étudiants devraient être touchés par cette mesure xénophobe et perdre entre 100 et 250 euros par mois, ce qui les empêchera, tout simplement, de se loger.
Actuellement, les étudiants étrangers sont souvent les plus précaires, obligés de jongler avec deux ou trois petits boulots pour s’en sortir, et faisant la queue le soir devant les centres d’aide alimentaire. Les priver d’APL, c’est leur interdire de fait l’accès aux résidences étudiantes ou aux foyers, et les jeter dans les bras des marchands de sommeil… quand ce ne sera pas à la rue.
Pour couronner cette infamie, le gouvernement a présenté cette réforme comme une mesure… de justice sociale ! « Les aides publiques doivent être réservées à ceux qui en ont le plus besoin. Être généreux, c’est être juste », a ainsi déclaré le ministre de la Ville et du Logement. Évidemment ce n’est pas le même discours quand il s’agit de verser 211 milliards d’aides publiques au patronat !