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Dans les entreprises
Autoentrepreneurs : c’est aussi l’exploitation
Plus de deux millions d’autoentrepreneurs ont déclaré un chiffre d’affaires en 2025. La même année, 758 600 nouvelles microentreprises ont été immatriculées, un record.
Près du tiers de ces autoentrepreneurs sont par ailleurs des salariés ayant eu besoin de compléter leur salaire trop bas. Des travailleurs au chômage complètent ainsi leur allocation. Cela concerne aussi des retraités, des personnes ayant déjà tenté de créer leur entreprise dans le passé et des étudiants, de plus en plus nombreux. Mais beaucoup d’autoentrepreneurs n’ont pas d’autre revenu que celui-là pour vivre, un revenu dont la médiane dépasse à peine la moitié du smic et n’excède que de 20 % le RSA. Et dans ce secteur l’inégalité entre les femmes et les hommes est plus élevée que chez les salariés.
Celles et ceux qui pensaient ainsi pouvoir mieux s’en sortir qu’en travaillant pour un patron doivent souvent déchanter. L’avantage d’avoir des horaires libres se traduit par des heures à n’en plus finir pour toucher un minimum. Certains abandonnent au point que six microentreprises sur dix ayant démarré une activité il y a cinq ans ont aujourd’hui disparu. D’autres n’avaient pas d’illusion dès le départ, conduits là par le chômage ou au sortir d’un enchaînement de petits boulots. Enfin, ils sont 13 % à indiquer qu’ils ont créé leur entreprise à la demande d’un patron qui voulait bien d’eux, mais pas comme salarié, avec une proportion plus élevée dans le bâtiment et dans l’hôtellerie ou la restauration. Au nombre des donneurs d’ordres, on trouve aussi les plateformes internet comme Uber qui prélèvent environ 25% de ce qui est payé par le client. Même si le salariat déguisé et le travail dissimulé sont en principe passibles de sanctions, les contrôles sont limités, constate l’enquête, et certains vont en justice pour faire requalifier leur contrat en contrat de travail salarié.
La multiplication des autoentrepreneurs permet de payer une partie du monde du travail encore moins cher. En outre, les réductions de cotisations sociales peuvent entraîner des difficultés accrues lors d’une maladie, d’un accident du travail et au moment de la retraite. En clair, les autoentrepreneurs n’échappent pas à l’exploitation capitaliste mais sont en plein dedans.