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Dans le monde
Belgique : des jeunes se mobilisent
En Belgique, un mouvement lycéen bien plus minoritaire qu’en France, a commencé à Liège début octobre.
Pendant plus d’une semaine, des centaines de jeunes ont bloqué leur école et manifesté dans cette ville pour dénoncer la dégradation de leurs conditions d’apprentissage, soutenir leurs enseignants et protester contre les mesures d’austérité et l’augmentation du coût des études.
Rapidement, des élèves d’une dizaine d’écoles de Bruxelles et de Wallonie ont embrayé pour tenter d’étendre le mouvement. Et quelques jours plus tard, lors de la manifestation syndicale du 9 octobre à Bruxelles, plusieurs milliers de jeunes de la capitale et du sud du pays se retrouvaient pour dénoncer, non seulement la dégradation des écoles et l’austérité, mais aussi les hausses de prix, les violences policières, le massacre à Gaza, la marche à la guerre et les mensonges des ministres.
N’ayant rien d’autre à proposer que les menaces du « service militaire obligatoire » et de « l’interdiction de TikTok », les responsables politiques ont tout fait pour tuer dans l’œuf ce mouvement.
Le 9 octobre à Bruxelles, une armée de policiers armés d’autopompes et de gaz lacrymogènes a accueilli les manifestants, provoquant au passage leur colère. À Liège, le bourgmestre PS a interdit tous les rassemblements de plus de trois personnes pendant une semaine. Et, en Flandre, des jeunes témoignent de menaces d’exclusion de leur école s’ils organisaient ou participaient à des blocages.
Dans les médias au nord comme au sud du pays, les images de la « casse » étaient diffusées en boucle pour tenter de décrédibiliser la révolte de la jeunesse et ses revendications.
Après la manifestation du 9 octobre, des jeunes ont continué à chercher les moyens de s’organiser : tentatives de blocage, d’assemblées générales, de manifestations. Ils ont parfois tenu une semaine de plus malgré l’absence d’élargissement du mouvement et les difficultés d’organisation qu’ils découvraient.
Finalement, le 17 octobre, alors que rien n’était officiellement annoncé, près d’un millier de jeunes et de militants d’extrême gauche ont manifesté à Bruxelles et quelques centaines à Liège. Minoritaires et sans réelle autre perspective que d’affronter la police envoyée pour les réprimer, ils tenaient néanmoins, eux aussi, à participer au même instant au mouvement de révolte en cours en France.