Bernard Arnault : fraudeur récidiviste22/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3025-c.jpg.445x577_q85_box-16%2C0%2C1287%2C1649_crop_detail.jpg2026-07-22

Leur société

Bernard Arnault : fraudeur récidiviste

L’administration fiscale a demandé au milliardaire du luxe, Bernard Arnault, de régler 22,5 millions d’euros d’impôts impayés.

Somme dérisoire quand on sait qu’il s’agit d’une des plus grosses fortunes de la planète, dont le magot dépasse les 130 milliards d’euros.

Bernard Arnault est accusé d’avoir masqué certains de ses revenus à l’aide d’un montage financier s’appuyant sur plusieurs sociétés belges. Mais c’est une longue histoire et il faut rappeler qu’il y a environ 15 ans, en 2012, Bernard Arnault avait menacé de prendre la nationalité belge, après l’élection de François Hollande à la présidence de la République. En campagne, ce dernier avait déclaré « mon ennemi, c’est la finance », et le milliardaire lui répondait ainsi du tac au tac.

Ce n’est pas qu’Arnault craignait Hollande, loin de là. Les milliardaires comme lui savent très bien à quoi s’en tenir en ce qui concerne les fanfaronnades des politiciens. Mais ils savent aussi faire de la politique. Pour Arnault, c’était une occasion de dire aux travailleurs ayant voté Hollande et croyant, ne serait-ce qu’un peu à ses promesses : « Si vous pensez me faire payer, ne rêvez pas, je pars et j’emmène toute ma richesse avec moi. » Douze ans plus tard, Arnault annonça qu’il renonçait à son exil fiscal en Belgique, après un accord avec le fisc français. Ce semblant de renoncement était lui aussi une mise en scène, comme pour dire : « Si vous êtes raisonnables, je daigne revenir.»

Ce que montre ce dernier épisode du redressement fiscal est que, nationalité belge ou pas, Arnault a placé une bonne partie de sa fortune en Belgique. En réalité, comme ses congénères de la grande bourgeoisie, il a trouvé depuis très longtemps les moyens d’échapper à l’impôt.

C’est une leçon pour ceux qui pensent qu’« il ne faut pas faire fuir les riches », alors que, d’une certaine manière, ils ont déjà fui. Leur capital et les actes de propriété de leurs entreprises sont depuis belle lurette en grande partie dans des paradis fiscaux, aux quatre coins du monde. Ce qu’ils ne peuvent pas cacher dans des banques suisses ou des paradis fiscaux, ce sont les usines, les moyens de production, et c’est justement l’essentiel. Les travailleurs, le jour où ils sauront le décider, pourront mettre la main dessus pour les faire fonctionner dans l’intérêt général. Les Bernard Arnault n’auront alors entre leurs mains que des bouts de papier en guise de titres de propriété qui ne correspondront plus à aucune réalité.

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