Bombes non explosées : planète ou champ de mines ?22/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3012-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-04-22

Leur société

Bombes non explosées : planète ou champ de mines ?

Une bombe datant de la Seconde Guerre mondiale a été découverte lors d’un chantier dans la ville de Colombes, en région parisienne.

Après avoir fait évacuer 15 000 résidents des immeubles proches, les démineurs n’ont eu d’autre choix que de l’enterrer avant de la faire exploser. « À 10 cm près, un immeuble aurait pu être construit sur la bombe », a commenté l’un d’entre eux.

Plus de 80 ans après la fin des combats, la découverte d’engins explosifs datant de la dernière guerre mondiale, et même de la précédente, est relativement fréquente en France. Mais ce n’est rien comparé au nombre de bombes ou grenades invisibles, qu’elles soient enfouies sous la terre, recouvertes de végétation ou éparpillées dans les champs, les lieux publics, voire sous des habitations. Un rapport du Sénat datant de quelques dizaines d’années explique qu’un quart de milliard d’obus tirés pendant la Première Guerre mondiale et un dixième de ceux tirés pendant la Seconde n’auraient pas explosé. La situation est pire encore en Allemagne, qui a subi des bombardements bien plus intensifs et dont le sol est truffé de bombes, que l’on découvre là aussi régulièrement sur des chantiers de construction.

Si l’Europe a connu une paix relative depuis 1945, cela ne signifie pas que les bombardements aient cessé. Même sur ce continent, les bombes sont présentes dans un certain nombre de pays, comme dans l’ex- Yougoslavie. Dans l’Ukraine actuelle, 18 % de la campagne agricole serait minée, donc impropre à toute culture. Là aussi, le danger est partout, notamment pour les enfants.

Dans les pays colonisés, des millions d’obus, de grenades et de bombes ont été largués sur les populations, et la France n’était pas la dernière à y contribuer. Ainsi, en Algérie, 11 millions de grenades ont été enterrées le long de la frontière avec la Tunisie entre 1956 et 1959, causant la mort de 30 000 personnes et en blessant 80 000 autres. Elles n’ont pas toutes été désamorcées, bien que plusieurs campagnes aient été lancées dans ce but. Au Vietnam, cinquante ans après la fin de la guerre menée par les États-Unis, il resterait un tiers des bombes non déminées sur les quelque 800 000 qui ont été larguées, y compris sur le Laos et le Cambodge voisins dans le but de bloquer le passage de combattants vietcongs depuis ou vers le nord. Et ce ne sont que quelques exemples.

C’est maintenant le Moyen-Orient qui subit des bombardements massifs d’engins explosifs. Cela a été le cas avec les guerres menées par l’URSS en Afghanistan ou par les États-Unis en Irak. Les bombardements se sont encore intensifiés quand ils ont visé l’ensemble du Moyen-Orient, Gaza, puis le Liban et l’Iran de la part des États-Unis et d’Israël. À ce rythme, la planète ressemblera de plus en plus à un champ de mines où chaque pas risquera d’être le dernier pour qui s’y aventurera.

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