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Dans le monde
BP n’a rien appris et rien oublié
Ce mois d’octobre, la compagnie pétrolière BP va verser 350 millions de dollars à l’État de Louisiane, suite à l’explosion de la plate-forme Deep Water Horizon, en 2010.
La catastrophe, survenue dans le golfe du Mexique, avait tué onze travailleurs, brûlés vifs. Il avait fallu 87 jours pour boucher le trou, par 1 500 mètres de fond, par lequel des centaines de milliers de tonnes de pétrole s’étaient échappées, polluant 2 000 km de côtes, ruinant des populations riveraines, détruisant la faune et la flore. À ce jour, les espèces marines du golfe du Mexique ne sont toujours pas reconstituées.
Le coût total de cette catastrophe a été évalué à 60 millions de dollars Mais BP, l’une des toutes premières entreprises privées au monde, a les reins solides et de puissants appuis. La compagnie a étalé le paiement de cette amende faramineuse, tout en continuant à verser des dividendes à ses actionnaires. Sa responsabilité accablante dans la catastrophe a été démontrée par les survivants et même illustrée par un film qui montre comment la course au profit immédiat a conduit à l’explosion. BP n’en a pas moins obtenu l’autorisation d’exploiter une nouvelle plate-forme, dans les mêmes eaux.
Cinq ans après la catastrophe, l’État américain avait fini par prendre quelques mesures pour contrôler les opérations et la sécurité sur les installations pétrolières d’une part, pour exiger des garanties quant à la protection de la vie marine d’autre part. Les premières valent ce que valent les mesures de sécurité que les capitalistes sont censés appliquer dans leurs entreprises, c’est-à- dire pas grand-chose. L’administration américaine a ainsi calculé que les forages offshore dans cette région ont entraîné au moins 1 066 blessures, 496 feux et explosions, 22 pertes de contrôle de puits, 11 écoulements pétroliers majeurs et 11 morts depuis l’accident de DeepWater Horizon. Quant aux garanties « écologiques », elles ont tout simplement été supprimées par décret en avril 2026, au prétexte qu’il ne fallait pas gêner l’industrie pétrolière, en pleine crise en raison de la guerre en Iran.