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Dans les entreprises
Brico Dépôt : assez des bas salaires !
Samedi 26 septembre, plusieurs dizaines de magasins Brico Dépôt ont été touchés par un appel à la grève. Salaires bloqués, primes en baisse, conditions de travail dégradées et départs non remplacés : les raisons de la colère ne manquent pas.
Brico Dépôt appartient au groupe Kingfisher, géant européen du bricolage, qui possède aussi Castorama et Screwfix. Pour les actionnaires, tout va bien : plus de 500 millions d’euros leur ont été distribués l’an dernier en dividendes et rachats d’actions. Le 21 septembre, l’annonce des résultats semestriels 2026 a même fait bondir l’action de 10 % en une journée.
Pour les salariés, c’est une autre histoire. Au printemps, l’annonce d’une hausse des salaires de seulement 1 %, accompagnée d’une baisse de la prime d’intéressement, a été la goutte de trop. Le 26 juin, des salariés d’une quarantaine de magasins ont fait grève, bien souvent pour la première fois.
Alors que les prix flambent, les salaires restent au ras du smic. Après vingt ans d’ancienneté, un vendeur ne gagne que 37 centimes de plus que le smic… brut ! Pour beaucoup, ce sont 400 à 500 euros qui manquent chaque mois sur les fiches de paie.
À cela s’ajoute la nouvelle organisation du travail : polyvalence imposée, plannings calculés par algorithme selon l’affluence. Fini le travail dans un rayon que l’on connaît : il faut désormais courir entre quatre ou cinq rayons. Finies les journées fixes en équipe : certains jours, il faut venir travailler plus de 10 heures. Des salariés ont rebaptisé ce système dit NMO : « Nouvelle Merde Organisationnelle ». Et avec les départs non remplacés, les effectifs fondent. À Trélissac, en Dordogne, par exemple le magasin est passé de 70 à 55 salariés en quelques années.
Même minoritaire, cette grève du 26 septembre a été une première pour beaucoup et une fierté. Sur les parkings, des clients, artisans ou particuliers ont été nombreux à témoigner de leur soutien. Eux aussi ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts et sont bien placés pour comprendre la colère des grévistes de Brico Dépôt.