Budget : catalogue de menaces 26/08/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/08/P3-1_Paris_en_septembre_2025_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C42%2C800%2C492_crop_detail.jpg 2026-08-26

Leur société

Budget : catalogue de menaces

Lorgnant du côté des revers essuyés par ses prédécesseurs, Lecornu prend les devants pour lancer le budget 2027, annonçant en filigrane de nouvelles attaques contre la population laborieuse.

Illustration - catalogue de menaces

Dans une lettre envoyée le 22 août aux députés et sénateurs, il se fait pressant. « Choisir d’attendre l’élection présidentielle pour adopter un budget pour 2027, écrit-il, c’est choisir le désordre. » Car il suppose, avec quelque raison, qu’en ces mois de campagne électorale, les uns et les autres, aux manettes ou dans l’opposition, ne se précipiteront pas pour porter les mauvaises nouvelles, autrement dit de nouvelles attaques contre ceux qui font l’activité du pays, les travailleurs.

Présentant la dette de l’État et le déficit budgétaire comme une vérité incontournable, et dont il n’est pas question de discuter l’origine, le Premier ministre entend faire voter un projet de loi de finances et un projet de loi de finances de la Sécurité sociale qui rassureraient les marchés financiers, selon leur vocabulaire. Sinon, Lecornu prédit l’apocalypse, sous forme d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt de la dette, d’une croissance en berne et d’une crise économique aggravée.

Il juge donc utile de préparer « l’opinion », autrement dit ceux qui vont trinquer. Appuyé par son ministre des Finances, Roland Lescure, Lecornu propose de « poursuivre le redressement de nos finances publiques » et promet de ne pas « sacrifier les investissements qui garantissent notre souveraineté : défense, sécurité, justice, énergie, industrie, recherche, adaptation au changement climatique ». Merci donc pour les industriels de l’armement, merci pour toutes les déclinaisons de crédits impôt recherche. On aura compris que le rabotage se fera une fois de plus aux dépens de la classe ouvrière.

Comme s’il ne suffisait pas de l’inflation qui érode le pouvoir d’achat, de la hausse vertigineuse des prix du carburant ou des fruits et légumes, des baisses d’allocations, pour les chômeurs notamment, des menaces sur le droit à la santé, la vilaine petite musique des attaques contre les 18 millions de retraités se fait à nouveau entendre. « La question de la contribution des retraités aisés à l’effort de redressement, par exemple par une indexation plus modérée de leurs pensions, mérite d’être posée » susurre un ministre. « On peut envisager de ne pas les augmenter autant que l’inflation », ajoute-t-il. Ne pas augmenter les retraites de base de ce que l’inflation a volé en 2026 aux retraités permettrait d’économiser environ 3,6 milliards d’euros… selon leurs calculs, et faire participer ceux que ces messieurs appellent des privilégiés, les retraités « aisés » touchant 2 000 euros brut par mois, qui seraient donc doublement volés.

Ce bruit de fond ciblant les travailleuses et travailleurs retraités ne fait d’ailleurs pas oublier la vieille rengaine visant à les priver des 10 % d’abattement avant impôt. Tout est bon pour tenter de détourner l’attention des véritables privilégiés, les intouchables milliardaires.

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