Budget : une fuite révélatrice 09/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3032-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-09

Leur société

Budget : une fuite révélatrice

À quelques semaines de la présentation des budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027, une nouvelle piste a fuité dans la presse : il s’agirait d’augmenter les prélèvements sociaux sur l’intéressement, la participation et les abondements des entreprises aux plans d’épargne salariale.

Jusqu’à un milliard d’euros pourrait être ainsi récupéré pour la Sécurité sociale. Le gouvernement a rapidement démenti vouloir appliquer une telle mesure et même menacé de saisir la justice sur les conditions de la fuite. Pourtant, depuis cet été, les idées du même genre ne manquent pas. Un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), commandé par le gouvernement, propose 4,2 milliards d’euros d’économies sur les aides aux familles. Ce serait par exemple réduire les allocations de davantage de foyers, supprimer les APL concernant 200 000 étudiants, ou la réduction d’impôt pour frais de scolarité, ou encore remplacer par un forfait la majoration de pension des parents de trois enfants. Bercy a aussi envisagé de ponctionner jusqu’à 2 milliards dans les caisses de l’Unédic.

Toutes ces pistes ne seront peut-être pas retenues, mais les laisser circuler permet de préparer les esprits et de tester les réactions. Lecornu a d’ailleurs expliqué préférer « cinquante petites décisions » à quelques grandes mesures qu’il juge plus difficiles à faire adopter par le Parlement.

Certaines de ces « petites décisions » sont déjà défendues par le gouvernement, et elles sont loin d’être petites pour ceux qui devront les payer. Il envisage de ne plus indexer complètement sur l’inflation les pensions de retraite au-dessus d’un montant encore à déterminer. Dans la santé, il a mis sur la table une hausse des franchises et de nouveaux transferts de remboursements de la Sécurité sociale vers les mutuelles. Les premiers arbitrages du budget de l’État prévoient déjà 2,8 milliards d’euros de crédits en moins pour le travail et l’emploi.

Salaires, retraites, remboursements de soins, indemnisation du chômage, allocations ou services publics : le gouvernement cherche tout ce qu’il peut reprendre à la population laborieuse. Mises bout à bout, les « cinquante petites décisions » de Lecornu s’annoncent comme cinquante nuances d’une même attaque contre les classes populaires.

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