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- Lutte ouvrière n°3008
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Dans les entreprises
Cada Adoma – Saint-Genis-Laval : grève contre des méthodes indignes
Des salariés du centre d’accueil pour demandeurs d’asile Adoma de Saint-Genis-Laval, dans le Rhône, se sont mis en grève mardi 17 mars. Une vingtaine de personnes – dont des travailleurs d’un autre centre – sont venues les soutenir lors d’un rassemblement à Lyon.
Ces travailleurs ont fait grève car leur direction a annoncé qu’ils devraient accueillir, régulièrement et à partir du 1er avril, des groupes de 50 personnes en provenance des rues et des squats parisiens, en transit vers d’autres types d’hébergement. Ils sont choqués par le traitement inhumain prévu par la direction : obligation de porter des masques et des gants pour recevoir ces groupes, uniformes imposés aux personnes accueillies (survêtements et chaussures « Crocs ») pendant plusieurs jours pour décontaminer leurs vêtements, cohabitation à deux dans des chambres de 9 m², etc.
La volonté de toutes ces personnes de venir à Lyon n’est pas évidente, et elles ne savent pas qu’au bout de trois semaines, elles seront envoyées hors de la métropole lyonnaise, loin des possibilités de travailler et des connaissances qui pourraient les aider. De plus, pour les accueillir, il faudra libérer des places alors que le foyer est plein, notamment de familles avec enfants ou de gens atteints de maladies lourdes. Quelles solutions va-t-on leur proposer ? Combien vont se retrouver à la rue ?
Un autre motif d’indignation a été la tentative de récupération de cette protestation par plusieurs candidats aux élections municipales, s’opposant au nouveau dispositif, non pas à cause des conditions indignes mais parce qu’ils présentaient ces nouveaux arrivants comme une menace pour la sécurité.
Les travailleurs du site, eux, font ce travail par conviction et réclament les moyens financiers et humains permettant de trouver des solutions dignes pour tous. Ils ne veulent pas cautionner et participer à cette politique, assumée par les autorités, qui vise à maltraiter les étrangers pour les dissuader de venir. Ils ont pu exprimer leur colère à leur direction lors de cette journée de mobilisation, et ne comptent pas en rester là !