- Accueil
- Lutte ouvrière n°3034
- Canicules : conséquences mortelles
Leur société
Canicules : conséquences mortelles
L’agence Santé publique France a constaté 8 124 décès attribuables aux différents épisodes caniculaires qui ont marqué cet été.
Moindre que celui de 2003, ce bilan effroyable est pire que celui de l’été 2022. En 2026 des records de température ont été battus dans de nombreuses localités.
En fait, les études annuelles sur les effets des canicules portent sur la période du 1er juin au 15 septembre. Or, en 2026, le premier épisode caniculaire a frappé fin mai et ses conséquences ne rentrent pas dans ce bilan.
Les raisons de cette hécatombe sont nombreuses. Les Ehpad et les hôpitaux sont loin d’être bien équipés en chambres climatisées. La ministre de la Santé était très fière d’annoncer début août que 33 000 appareils de climatisation mobile avaient été livrés aux hôpitaux. Or non seulement ils ont manqué lors des trois premières canicules, l’été et lors des étés précédents, mais ils sont bien moins performants que les installations intégrées. On meurt de chaleur même dans les lieux médicalisés.
La situation est encore pire dans les logements, où ont eu lieu les trois quarts des morts liées à la chaleur. Les petits appartements sont rarement traversants, ne permettant pas une bonne évacuation de la chaleur la nuit. De très nombreuses HLM manquent de volets ou de stores, obligeant les familles populaires à vivre dans des bouilloires. Le « confort d’été », qui peut être en fait une question de survie, ne fait pas partie des « critères de décence » minimum autorisant un propriétaire à louer légalement un logement.
Récemment l’État s’est évertué à couper dans les crédits, comme dans ceux de MaPrimeRénov’ qui pourraient permettre d’équiper les logements pour faire face au réchauffement climatique, ou dans ceux prévus pour adapter les écoles à la chaleur.
Lors de ses vœux fin 2022, pour expliquer son impuissance, Macron avait déclaré : « Qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ? » C’était une piètre excuse. Mais quatre ans plus tard, il ne cherche même plus d’excuse.
Si le réchauffement est un phénomène mondial, rien d’important n’a été entrepris par l’État pour faire face à ses conséquences ni pour contraindre les capitalistes à réparer les dégâts causés par leur système économique. Plus de 8 000 personnes l’ont payé de leur vie cet été.