Carburants : les salaires doivent suivre les prix !22/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3012-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-04-22

Leur société

Carburants : les salaires doivent suivre les prix !

Mardi 21 avril, après deux mois de guerre dans le golfe Persique, on trouvait le gazole à 2,15 euros et le SP 95 à 2,01 euros le litre en moyenne, en France continentale, d’après les chiffres gouvernementaux.

Ces prix, réputés avoir un peu baissé par rapport à la semaine précédente, étaient cependant suspendus aux déclarations contradictoires de Trump, à leurs effets sur le marché, aux spéculations des grands opérateurs et à mille et une autres variables dont aucune ne dépendrait du gouvernement.

C’est du moins ce qu’affirment les ministres. Et le représentant des industries pétrolières d’ajouter benoîtement que tout redeviendrait normal, c’est-à-dire à 1,70 euro le litre, avec le rétablissement de la paix au Moyen-Orient.

Le gouvernement ainsi que certaines collectivités territoriales et l’Union européenne ont accordé des aides aux agriculteurs, sous forme de délais de paiement pour certaines cotisations, aux pêcheurs, avec une aide directe pour l’achat de carburant, et des promesses ont été faites à quelques autres. C’est une goutte d’eau dans la mer et, par exemple, des bateaux restent à quai car la vente de la pêche ne couvre plus les frais de gazole.

Mardi 21 avril, Lecornu se fendait toutefois de la promesse d’une aide de 20 centimes par litre pour trois millions de « gros rouleurs » modestes, pour un total de 70 à 180 millions d’euros par mois assumés par l’argent public.

La splendide organisation de la vie sociale autour de l’automobile, du centre commercial et des concentrations de salariés loin de leurs habitations devient vite hors de prix en cas de crise, du moins pour les exploités.

Lecornu et son ministre de l’Économie se contentent de demander « la loyauté et la transparence dans le prix à la pompe » aux géants de la distribution. Mais les Leclerc, Intermarché et autres Carrefour ne sont transparents vis-à-vis de personne, pas même de l’État, et ne sont loyaux qu’envers leurs actionnaires.

La menace, toute verbale pour l’instant, de limiter les marges des distributeurs est un faux-semblant. Tout cela vise en fait à ne surtout pas parler des groupes qui, eux, font des bénéfices colossaux, les majors du pétrole, Total et ses sœurs, qui se payent même le luxe d’organiser la spéculation en profitant de la crise.

En définitive, tant qu’il n’est pas confronté à une crise politique ou sociale, le gouvernement laisse la population se faire rançonner et se contente de discours sur la transition énergétique, le passage à l’électrique et autres fariboles qui ne remplissent ni le réservoir ni le réfrigérateur. Ses opposants politiques, aujourd’hui loin des responsabilités, parlent de baisser ou de figer les prix des carburants, aux dépens des fonds publics évidemment. Ce que l’État perdrait alors en taxes sur les carburants, il le reprendrait forcément ailleurs, d’une façon ou d’une autre, mais toujours aux dépens de la population. Il n’est que de voir comment les dépenses budgétaires utiles sont rognées, de mois en mois, pour abonder le budget militaire et les aides aux grandes entreprises.

Puisque le carburant est devenu un bien indispensable, puisque les capitalistes en fixent le prix, puisque leurs guerres le font monter de jour en jour, les travailleurs doivent exiger des salaires, des pensions et des retraites permettant de conserver leur niveau de vie, quels que soient le prix du gazole et du reste.

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