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Dans les entreprises
Champagne : vendanges de la honte
La cour d’appel de Reims a confirmé le 4 mars la condamnation des recruteurs et de la responsable d’une société qui avait fourni à une entreprise viticole de Champagne au moins 57 vendangeurs, la plupart sans-papiers, en 2023. Pour une fois, les marchands d’esclaves n’ont pas échappé à la justice.
La responsable de la société a été condamnée à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour traite d’êtres humains et les deux recruteurs ont été condamnés avec sursis. C’est peu au vu de leurs actes. Et il a fallu une vraie action militante pour faire reconnaître leur crime.
Soutenus par la CGT, les travailleurs avaient pu témoigner comment ils étaient « traités comme des esclaves », « logés dans un bâtiment abandonné, sans nourriture, sans eau ». « Chaque matin, a expliqué l’un d’entre eux, on se réveillait vers 5 heures. À 6 heures, on partait dans les vignes, pour démarrer le travail vers 7 h 30/8 heures Pour nous y amener, ils nous mettaient dans des fourgonnettes comme des animaux, il n’y avait pas de siège, rien, on ne pouvait pas respirer. » Leur nourriture consistait en un petit sandwich à midi et un plat de riz le soir.
Après deux ans et demi d’attente, chaque travailleur devrait recevoir 4 000 euros pour préjudice moral. Quant aux salaires et indemnités qui leur sont dues, ils devront encore patienter jusqu’à un autre jugement aux prud’hommes. Alors que souvent les travailleurs en question sont logés sous les yeux de tous, ??? nombre de sociétés prestataires échappent à toute sanction, souvent domiciliées à l’étranger et disparaissant sitôt les vendanges effectuées.
Et surtout, les vrais criminels, les donneurs d’ordre comme par exemple LVMH ne sont jamais inquiétés.