Chômage : les jeunes, premières victimes12/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3006-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Chômage : les jeunes, premières victimes

« Il y a un vrai défi avec le chômage des jeunes » a découvert le ministre de l’Économie, Roland Lescure, après la sortie des chiffres de l’Insee. Plus de 21 % des 15 à 24 ans sont au chômage, bien plus qu’en 2024.

En 2025, 742 000 jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient au chômage en France. En un an, la situation s’est dégradée et ils sont de plus en plus nombreux à chercher un emploi sans parvenir à en trouver. À ce chiffre officiel s’ajoute celui des jeunes qui ne sont ni en étude, ni en formation, ni en emploi, sans être pour autant comptabilisés. Au final, ce sont 1,5 million de jeunes âgés de 15 à 24 ans qui sont laissés sur le carreau et qui rejoignent l’armée industrielle de réserve dont les capitalistes ont besoin.

Ce ne sont pas les bavardages de Roland Lescure qui vont assurer à ces jeunes un meilleur avenir professionnel. Car depuis plus de 40 ans les gouvernements de droite comme de gauche mettent en place des contrats spécifiques pour les jeunes. Les intitulés de ces contrats changent mais l’issue est toujours la même : à défaut de résorber le chômage des jeunes, ils offrent au patronat une opportunité de bénéficier d’une main-d’œuvre pas chère !

Il n’y a qu’à se rappeler les TUC (Travaux d’utilité collective) créés en 1984 qui consistaient à proposer aux jeunes des stages de moins de six mois indemnisés à moins de la moitié du smic ! Après leur remplacement en 1990 par les contrats emploi- solidarité, le patronat a pu bénéficier d’exonérations de charges sociales en embauchant des jeunes. En 1994, le CIP (Contrat d’insertion professionnelle) n’a, quant à lui, pas tenu face à la contestation sociale. Le Premier ministre Balladur dut remiser ce CDD pour moins de 26 ans payé à 80 % du smic. En 1997, ce furent les emplois- jeunes du gouvernement Jospin, avant, en 2006, le CPE, Contrat première embauche, que de Villepin dut remiser face à une nouvelle contestation. Mais en 2008, ce fut le plan Espoir banlieues de Sarkozy, avant, en 2012, les emplois d’avenir de Hollande, en 2020 le plan « un jeune une solution » de Macron… chacun offrant aux jeunes un contrat de travail précaire et un faible salaire, et aux patrons des ristournes financières.

Et lorsqu’en janvier dernier, le Medef a lancé l’idée d’un « CDI jeune » payé en dessous du smic avec une période d’essai prolongée, il n’a eu, en fait, qu’à puiser dans les vielles recettes de tous ces gouvernements.

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