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Leur société
Chômeurs : une loi inique sur le RSA
France Travail, organisme chapeauté par le très pro-patronal ministre du Travail Farandou, s’inquiète que dans certains départements les travailleurs bénéficiaires du RSA soient trop sévèrement sanctionnés.
C’est pourtant un gouvernement de Macron qui a fait adopter fin 2023 une loi abusivement appelée « pour le plein emploi ». Elle confie les bénéficiaires du RSA à France Travail, qui doit faire semblant de les faire travailler même lorsqu’il n’y a pas d’emplois et que le patronat licencie. Elle prévoit aussi de les priver d’une partie de leur allocation au moindre manquement aux contrôles qui leur sont appliqués. En mai 2025, un autre gouvernement du même Macron avait émis un décret spécifiant que, dès le premier manquement, le demandeur d’emploi pouvait voir son allocation suspendue « d’au moins 30 % » pour une durée d’un à deux mois. Le patronat applaudissait ce qui était supposé remobiliser les chômeurs qui, prétend Macron, n’ont qu’à traverser la rue pour trouver un travail.
Or au moins dix- sept départements ont décidé de supprimer automatiquement 100 % du RSA dès le premier manquement. Pire encore, au moins trois départements ne tiennent aucun compte de la situation familiale de ces demandeurs d’emploi : même s’ils ont charge de famille, l’allocation est complètement supprimée, ce qui est contraire au décret.
Or si France Travail regrette que les règles soient différentes d’un territoire à un autre, le ministère du Travail précise qu’en matière de sanctions aux bénéficiaires, la décision finale revient quoi qu’il arrive aux conseils départementaux, puisque ceux-ci financent le RSA.
C’est donc bien une chasse aux pauvres que cette loi et ce décret ont organisée, tout en laissant aux politiciens locaux le soin de décider de l’ampleur des coups portés aux travailleurs les plus fragiles. Pendant ce temps, les 13 000 millionnaires ne payant aucun impôt sur le revenu ne sont pas inquiétés…