- Accueil
- Lutte ouvrière n°3025
- Constructeurs automobiles : la guerre entre eux et contre lestravailleurs
Dans les entreprises
Constructeurs automobiles : la guerre entre eux et contre lestravailleurs
Lundi 6 juillet, le nouveau PDG de Renault, François Provost, a donné une interview au journal Les Echos qui laisse prévoir de nouvelles attaques que paieront les travailleurs du groupe.
« Notre vision est de devenir le constructeur européen de référence », commence par expliquer le PDG. Cela signifie prendre des parts de marché à ses concurrents, aussi bien chinois qu’européens et même français. Tavares, ex-DG de Stellantis, appelait cela « aller manger dans la gamelle des autres ». Mais pour y arriver, tous les capitalistes savent qu’il faut être compétitif, c’est-à-dire produire moins cher que les concurrents. « C’est pour cela qu’on a créé un centre en Chine qui s’appelle ACDC, dont l’objet est de comprendre les leviers de la compétitivité de l’écosystème chinois, puis de les appliquer ici en Europe. »
Depuis des années, Renault réduit ses effectifs et ferme des lignes de montage, comme il l’a fait à l’usine de Flins en région parisienne. Désormais, il annonce des suppressions de postes dans l’ingénierie. C’est ainsi qu’il compte gagner en compétitivité. Cela lui permet de dire que « sur la R5, la R4 et la Twingo, nous faisons des marges positives, (…) C’est grâce à nos efforts de baisse de coûts et à l’attractivité de nos modèles ». « Baisse des coûts », en langage de patron, veut dire baisse de la masse salariale, augmentation des cadences et de la précarité. Si Renault est arrivé à fabriquer une petite voiture électrique, ce n’est pas pour les beaux yeux des consommateurs, mais parce qu’il pense qu’elle sera rentable pour les actionnaires.
Les capitalistes sont en concurrence entre eux et le font subir aux travailleurs. Quand les dirigeants parlent de gagner en compétitivité, de défendre l’industrie française et autres fadaises, c’est pour expliquer aux travailleurs qu’il va falloir travailler plus dur, à moins nombreux, pour des salaires plus faibles. Et tout cela non pas pour « sauver des emplois » mais pour accroître les fameuses marges des constructeurs et donc les dividendes des actionnaires.
Les travailleurs n’ont intérêt ni à cette concurrence ni à cette course à la compétitivité. En accepter le principe, c’est accepter d’être considéré par le patron comme de la simple chair à exploiter. À cette logique patronale, ils ne peuvent opposer que leur force collective pour imposer leur droit de vivre, à commencer par de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.