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Leur société
Contre-budget du RN : comme promis au Medef
Mardi 6 octobre Marine Le Pen, accompagnée de son espéré futur Premier ministre, Jordan Bardella, a présenté à la presse ce qu’elle appelle un « contre-budget » à celui du gouvernement actuel.

En fait, son « contre-budget » n’est rien d’autre qu’une manière d’illustrer d’un côté son allégeance au grand patronat et de l’autre sa démagogie anti-immigrés. Elle avait promis aux représentants du grand patronat, lors des journées organisées par le Medef en août, qu’elle saurait tenir les cordons de la bourse de l’État. Et elle confirme. Elle, présidente, l’État réduira son endettement en faisant 140 milliards d’euros d’économie… sur le budget de 2032. Car elle veut se laisser du temps et surtout sait que, vis-à-vis du grand patronat, les promesses doivent être un minimum crédibles. Comment s’y prendra- t-elle ?
Avec « une rationalisation de l’État » ce qu’il faut traduire en une réduction drastique des budgets des services publics. Elle propose de « centraliser les recettes de la TVA » en supprimant « plus de 120 taxes ridicules ou inutiles ». Qu’est-ce que cela peut signifier, si ce n’est une hausse de la TVA et la suppression d’impôts pour le petit et surtout le grand patronat ? En clair, elle fera payer de plus en plus aux plus pauvres les dépenses de l’État, via un accroissement de l’impôt le plus injuste, celui sur la consommation, la TVA, qui ne prend pas en compte la richesse de celui qui consomme.
Évidemment, elle promet « une reprise en main de la politique migratoire et l’instauration de la priorité nationale » et elle sous-entend qu’elle écarterait de l’aide sociale et des soins les travailleurs et les populations étrangères vivant en France, même si elles y travaillent et contribuent donc à la richesse produite, même si elles cotisent et payent des impôts ne serait-ce que via la TVA. C’est sa démagogie la plus abjecte, celle qui pousse à faire d’une partie de la population ouvrière des boucs-émissaires.
Enfin, comme tout bon candidat démagogue, elle fait aussi des promesses destinées aux couches populaires, en réalité dérisoires : elle n’a fait aucune annonce pour lutter contre l’inflation par exemple, encore moins sur les salaires. Elle promet de soutenir financièrement ceux qui auront un troisième enfant, de revaloriser le congé de proche aidant ou encore la gratuité du permis de conduire pour les jeunes ayant un casier judiciaire vierge. Elle prétend raser gratis quelques poils de moustache et évidemment uniquement pour les «Français de souche».
Les riches capitalistes seront-ils moindrement taxés ? Au contraire, elle propose de remplacer l’impôt sur la fortune immobilière, instauré par Macron et qui était déjà un recul par rapport au précédent impôt sur la fortune de Hollande, par un impôt sur la seule fortune « financière ». La spéculation immobilière ne ferait-elle donc pas partie de la spéculation financière pour Marine Le Pen ? Alors que les milliardaires ont déjà mille et une façons d’échapper à l’impôt quel qu’il soit, celui qui paierait encore un impôt sur « la fortune financière » serait vraiment à considérer comme l’idiot du village bourgeois !
Pour les travailleurs, son projet pourrait être résumé simplement : comme celui de Macron et des gouvernements précédents, mais en pire.