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Leur société
CRS en procès : répression policière et lenteur judiciaire
Plus de sept ans après les faits, s’est ouvert lundi 9 février le procès de neuf CRS accusés de violences volontaires aggravées pour s’être acharnés sur des manifestants réfugiés dans un restaurant Burger King de Paris, lors du mouvement des Gilets jaunes.
Le 1er décembre 2018, troisième samedi de manifestations des Gilets jaunes, la police avait été particulièrement violente : selon le gouvernement lui-même, 2 500 personnes ont été blessées, dont trente éborgnées, et cinq qui ont perdu une main. En soirée, alors que la place de l’Étoile était rendue étouffante à cause des gaz lacrymogènes, un groupe de manifestants s’était abrité dans le Burger King. Mais neuf CRS les y ont poursuivis, frappant des hommes et des femmes qui ne montraient aucune agressivité et multipliant les coups de matraque – jusqu’à 27 sur un homme à terre. Pas de chance pour ces brutes, la scène avait été filmée et il a bien fallu que la justice se réveille… au bout de sept ans, alors qu’ils avaient continué à exercer leur fonction.
Au début du procès, les prévenus se sont présentés au tribunal en uniforme, pensant certainement que ce serait une armure pour amadouer les juges, alors que le règlement leur interdit de le porter quand ils ne sont pas en service. Ils ont dû aller se rhabiller ! Pour leur défense, la plupart ont invoqué que, lors des faits, ils étaient exténués, après avoir été confrontés toute la journée à des scènes d’une violence inouïe. Répondant aux questions des avocats, un autre a confirmé que, pour lui comme pour ses collègues, « il n’y avait pas eu de sanction ». Et quand un avocat a demandé : « Vous avez reçu une médaille d’honneur du ministère de l’Intérieur, c’était avant ou après les faits ? », l’intéressé a répondu sans hésiter que c’était bien « après ».
On comprend alors mieux pourquoi la marche de la justice a été si lente.