- Accueil
- Lutte ouvrière n°3008
- Cuba : étranglée par l’impérialisme
Dans le monde
Cuba : étranglée par l’impérialisme
Le 17 mars, après que le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a confirmé que des discussions étaient en cours avec les États-Unis, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré que les réformes économiques offertes par le gouvernement cubain « ne sont pas suffisantes ».

Il a ajouté que « [les Cubains] ont un système politique qui ne peut pas fonctionner, ils doivent donc changer radicalement ». La veille, Trump avait estimé qu’il pourrait « avoir l’honneur de prendre Cuba, une nation très affaiblie en ce moment » dont il peut faire ce qu’il veut. Cela fait 64 ans que Cuba fait face à l’impérialisme américain. Mais, cette fois-ci, les États-Unis semblent bien décidés à en finir avec ce régime qui, à quelques encâblures de leurs côtes, échappe à leur contrôle.
Cela fait plusieurs années que la situation de Cuba se dégrade. Depuis 2019 et les précédentes sanctions américaines, les touristes sont de moins en moins nombreux et les devises étrangères, de plus en plus rares. Les coupures d’électricité se multiplient, les rares aliments pourrissent dans les réfrigérateurs et les Cubains, privés de ventilation et de climatisation, peinent à dormir. En cinq ans, Cuba aurait perdu 20 % de sa population, les plus jeunes ; 89 % des habitants de l’île vivraient aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, et sept Cubains sur dix sautent un repas par jour faute d’argent ou d’accès aux denrées alimentaires. 70 % des médicaments de première nécessité manquent désormais et la mortalité infantile a presque triplé ces cinq dernières années. La presse internationale rapporte que les épidémies de dengue et de chikungunya, en décembre 2025, découlent directement de l’arrêt du ramassage des déchets, faute d’essence pour les camions municipaux.
Depuis l’intervention de l’armée américaine au Venezuela en janvier, la situation empire encore. Les navires de guerre américains empêchent toute livraison de pétrole vénézuélien à Cuba et les États-Unis menacent de sanction tout pays qui, comme le Mexique, chercherait à lui en vendre. Le blocus est total, conduisant l’île à une véritable catastrophe humanitaire. Avec les coupures d’électricité de plus en plus nombreuses, avec les pénuries d’essence paralysant l’île, ce sont aussi les prix qui s’envolent. Un sac de sucre importé du Brésil et un paquet de farine coûtent à eux deux plus de 1 200 pesos cubains, soit près de deux semaines de revenu d’un retraité ou près d’une semaine de salaire pour un fonctionnaire.
En privant la population cubaine de tout, les États-Unis espèrent susciter des manifestations de colère contre le pouvoir. Il n’est pas dit qu’ils arrivent à leurs fins. Depuis 1959 et le renversement de Batista, dictateur honni qui avait fait de Cuba le « bordel » des États-Unis, la population cubaine a trouvé bien des ressources pour résister malgré tout à la pression de l’impérialisme. C’est ce qui fait que Cuba, malgré le caractère policier et de plus en plus corrompu de son régime, résiste toujours aux pressions des États- Unis et est un caillou dans leur chaussure. C’est ce qui provoque chez Trump et les dirigeants américains tant de hargne.
Cela n’empêche pas Trump de se poser d’ores et déjà en vainqueur de Cuba. Le 9 mars, il a affirmé que la « prise de contrôle de Cuba pourrait être une prise amicale ou non amicale ». Il est prêt à tout, y compris à faire de Cuba un nouveau théâtre d’opérations militaires.