Dette publique : ceux qui la creusent et ceux qui la payent 30/09/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/09/P5-1_Dette_publique_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C16%2C1009%2C583_crop_detail.jpg 2026-09-30

Leur société

Dette publique : ceux qui la creusent et ceux qui la payent

Mardi 29 septembre, l’Insee a annoncé que la dette publique se monte désormais à 3 595,5 milliards d’euros, soit quasiment 120 % du produit intérieur brut, la totalité de la richesse produite dans le pays en une année.

Illustration - ceux qui la creusent et ceux qui la payent

De plus, le gouvernement prévient que non seulement l’endettement va se creuser mais que la charge de la dette, ce que l’État doit verser chaque année aux banques, va monter encore plus vite. La dette coûtera ainsi 91 milliards d’euros aux finances publiques l’an prochain, soit plus que le budget militaire, pourtant chéri du gouvernement et, évidemment, bien plus que l’Éducation nationale, qui ne concerne jamais que 15 millions d’élèves et étudiants.

De l’avis des ministres, de la plupart des candidats à l’élection présidentielle et de la quasi-totalité des économistes distingués et des journalistes éclairés, les retraites, les prestations sociales, les malades et les handicapés seraient à la source de ce déficit colossal. C’est un mensonge éhonté et une entourloupe comptable que de mélanger les comptes sociaux avec ceux de l’État. Les retraites et la santé sont financées par les cotisations des travailleurs, pas par les comptes publics. Le déficit de ces caisses, quelques centaines de milliards d’euros (à côté de 3 500 !), est largement dû aux exonérations de cotisations patronales offertes par les gouvernements successifs, soit autour de 90 milliards d’euros par an.

En revanche, le sauvetage « quoi qu’il en coûte » du système bancaire, c’est-à-dire des fortunes de ses actionnaires lors de la crise de 2008, a coûté des centaines de milliards. Le soutien aux patrons lors de l’épidémie de Covid en a rajouté quelques centaines d’autres. Et, surtout, le flot continu d’aides, de baisses d’impôts, de dégrèvements divers aux grandes entreprises, soit 270 milliards d’euros chaque année, assèche les finances publiques. De plus, nombre des dépenses de l’État, à commencer par le budget militaire, 60 milliards d’euros en 2026, sont à fonds perdu, en ce sens qu’elles sont totalement improductives et constituent une rente pour quelques marchands de canons sans aucun bénéfice pour la société, sans rien construire, créer ou préparer.

La dette est détenue par les grandes banques et institutions financières qui exigent des garanties et des taux d’intérêt de plus en plus élevés. Ainsi, sous la menace d’une faillite ou d’un défaut de paiement, l’État, quel que soit le gouvernement, fera payer la population travailleuse pour honorer auprès des banques des dettes faites pour arroser les plus grands capitalistes, dont les banques elles-mêmes.

Dans un célèbre western, Clint Eastwood affirme que « le monde se divise en deux, ceux qui creusent et ceux qui ont un pistolet ». Dans le monde de la finance, ce sont les mêmes qui creusent la dette et qui, grâce à leur pistolet, la font payer aux autres.

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