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- Lutte ouvrière n°3039
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Les jeunes en lutte
À Dôle, Dijon et Sens
Entre les manifestations des 17 et 24 octobre, Nathalie Arthaud a animé plusieurs réunions publiques à Dôle, Dijon et Sens, dont une à Dijon avec des étudiants venus débattre du mouvement en cours et de la présidentielle.
Le principal sujet de discussion a porté évidemment sur le succès du 17 octobre, mais aussi sur les images de casse et de pillage montrées en boucle dans les médias.
« On nous montre les casseurs mais pas les défilés des jeunes ! », s’est exclamé un participant, reflétant une idée reprise plus d’une fois. « Cette histoire de casseurs, c’est monté en épingle exprès pour masquer les revendications des lycéens, il y a même des flics infiltrés », disait une autre.
Malgré des semaines de calomnies et d’intimidations pour dissuader lycéens et manifestants, rien n’y a fait. Des travailleurs ont commencé à participer aux manifestations aux côtés des jeunes et, d’ailleurs, tous ceux qui avaient manifesté le 17 octobre ont affirmé dans les différentes réunions qu’ils en étaient ressortis confortés et prêts à continuer.
Sur la casse, Nathalie a exprimé ce que tous ressentaient : « Dans les médias, c’est l’injonction à «condamner», mais, nous, on condamne avant tout la politique du gouvernement et du grand patronat. Ce n’est pas normal de ne pas pouvoir acheter à manger à ses enfants, de ne pas pouvoir se chauffer correctement ni se déplacer en voiture. Ils nous parlent de «violence» pour quelques dégradations, mais ce n’est pas une société violente, ça ? Et les guerres ! Et les ventes d’armes ! »
Alors pas question de condamner, en suivant les injonctions de Macron, de la droite et de l’extrême droite, les « casseurs » comme responsables de la violence du 17 octobre. Encore moins ces jeunes gens qui ont profité de la situation pour récupérer dans des magasins auxquels ils n’ont pas accès en général des objets de plus ou moins grande valeur. Ce sont de petits larcins en regard « du fruit de notre labeur » que nous volent les capitalistes en permanence, « un pillage généralisé, et le fait qu’il soit légalisé ne le rend pas moins odieux ».
Cependant, Nathalie s’est aussi démarquée de la politique des black blocs, qui a un écho même dans les entreprises : « Si on ne casse pas, on ne se fait pas entendre», beaucoup le pensent, et on les comprend, car le gouvernement est resté sourd au moment des Gilets jaunes et pendant la réforme des retraites. Mais c’est une fausse radicalité. Pour gagner, ceux qui participent à un mouvement ont besoin d’être nombreux et déterminés. Ce qui marche le mieux, c’est quand les travailleurs arrêtent de fabriquer les richesses et les profits des capitalistes. La vitrine cassée d’une boulangerie, ça ne fait ni chaud ni froid aux capitalistes. Mais si le mouvement s’étend, s’il menace de gagner les travailleurs et surtout de déboucher sur de grandes grèves qui peuvent faire mal au patronat, le gouvernement peut reculer. Est-ce que la casse aide à l’extension du mouvement de ce point de vue ? Certainement pas. »