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Leur société
Données personnelles : servez-vous !
Après le piratage des données fiscales de 678 000 particuliers et professionnels, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a reconnu que « nos systèmes d’information comportent des faiblesses ».
Le mot est faible ! En juin et juillet, des pirates ont utilisé des identifiants volés pour accéder à des données fiscales et cadastrales, revenus, situation familiale entre autres… Le 17 août, le même groupe de pirates, ZeroBytes, a revendiqué d’autres intrusions, parmi lesquelles le vol de données de l’Éducation nationale concernant potentiellement des millions d’élèves.
Dans plusieurs de ces attaques, nul besoin de forcer les systèmes : les pirates ont récupéré des comptes disposant déjà d’un accès autorisé. À l’heure où une connexion à une messagerie ou à un compte bancaire impose couramment une double authentification, cela donne une idée du retard accumulé par l’État.
Car, comme dans les autres services publics, les économies budgétaires ont aussi pesé sur l’informatique et sa sécurisation. L’an dernier, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, l’ANSSI, réclamait 60 postes supplémentaires : elle n’en a obtenu aucun.
Le gouvernement promet désormais de réagir. Sébastien Lecornu a demandé d’accélérer un plan annoncé en avril de 200 millions d’euros pour la cybersécurité, l’intelligence artificielle et la sécurisation des ministères. C’est moins de la moitié des dépenses informatiques annuelles de la seule administration fiscale. Après les économies, les rustines.
ZeroBytes affirme avoir déjà vendu les données fiscales à deux acheteurs pour plusieurs milliers d’euros. Avec des informations aussi précises, des escrocs peuvent fabriquer des messages très crédibles pour soutirer argent, coordonnées bancaires ou mots de passe. Ceux qui en seront victimes n’ont aucun soutien à attendre de l’État, qui se contente d’appels à la vigilance individuelle.
Le gouvernement multiplie les discours martiaux contre la petite délinquance. Mais quand des centaines de milliers de personnes voient leurs données livrées aux escrocs à cause des failles de ses propres services, il se montre nettement moins musclé.