Égalité salariale : le gouvernement se satisfait de peu12/03/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/03/P13-3_2026_03_08_Manif_femmes_04_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C42%2C800%2C492_crop_detail.jpg

Leur société

Égalité salariale : le gouvernement se satisfait de peu

Au lendemain du 8 mars, qui a vu descendre dans les rues des dizaines de milliers de femmes et d’hommes révoltés par la persistance des inégalités, des préjugés et des violences contre les femmes, le gouvernement, lui, se félicite.

Illustration - le gouvernement se satisfait de peu

En effet, l’index de l’égalité salariale entre hommes et femmes serait « à un haut niveau ». Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! Cet index est calculé par les entreprises de plus de 50 salariés, qui doivent depuis six ans le publier le 1er mars. Cela concerne seulement 1 % des entreprises et 25 % des salariés. L’index comporte plusieurs indicateurs, tous faits pour que la note finale, sur 100, soit élevée. L’écart de rémunérations entre hommes et femmes n’est calculé qu’à postes équivalents et en équivalent temps plein. L’écart des taux d’augmentations individuelles ne tient pas compte du montant de ces augmentations, de sorte que, si dix femmes sont augmentées de 10 euros et dix hommes de 100 euros, l’entreprise aura tous les points sur cet indicateur. Le taux d’augmentations accordées aux femmes après un congé maternité compte pour 15 : il suffit qu’une entreprise augmente toutes les salariées de retour de congé maternité de 1 euro pour qu’elle obtienne 15/15.

Il n’est donc pas étonnant que la note moyenne soit élevée : en 2026, elle est à 88,5 sur 100, et depuis 2018, seules 145 entreprises ont reçu des pénalités. Mais c’est encore trop et l’index va prochainement être remplacé après la transposition d’une directive européenne sur la « transparence salariale » qui modifiera légèrement les critères et surtout supprimera les pénalités financières.

Si les entreprises renâclent autant à établir l’égalité entre femmes et hommes, ce n’est pas seulement du fait des préjugés sexistes des milieux dirigeants – quoi que la faible présence des femmes dans les sphères dirigeantes de la bourgeoisie montre que, dans les bonnes familles, il vaut mieux être un héritier qu’une héritière pour être associé aux affaires de Papa. C’est aussi, et surtout, que cela leur coûterait cher. Dans le secteur privé, à l’échelle de l’ensemble des salariés, les femmes gagnent en moyenne 22 % de moins que les hommes, parce qu’elles travaillent plus souvent à temps partiel et dans des métiers moins bien payés. Pour atteindre l’égalité, il faudrait donc que les femmes de ménage, aides à domicile, caissières, etc., puissent obtenir un temps complet quand elles le souhaitent et soient augmentées de plusieurs centaines d’euros. À temps de travail équivalent, la différence est encore de 14 % ; pour la combler, il faudrait que les postes considérés comme subalternes et féminins soient mieux payés.

Pour imposer l’égalité salariale et l’augmentation des salaires pour toutes et tous, on ne peut évidemment compter ni sur la bonne conscience patronale, ni sur les plans d’action gouvernementaux mais, comme pour tout le reste, sur la lutte et l’unité des travailleuses et des travailleurs. Une lutte des femmes pour l’augmentation des salaires ne pourrait que donner envie à leurs camarades hommes de les rejoindre. Car les salaires des ouvriers et des employés sont trop bas non seulement pour toutes, mais pour tous !

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