Espagne : Sanchez, pacifiste pour la galerie12/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3006-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Espagne : Sanchez, pacifiste pour la galerie

En refusant aux États-Unis l’usage de leurs bases militaires situées en Espagne pour faire la guerre à l’Iran, le Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a sauté sur l’occasion de se poser en résistant face à Trump.

Il est vrai qu’aucun autre dirigeant européen n’a osé dire « non » à la Maison-Blanche sur un ton aussi net. Mais, en politicien averti, Sanchez sait que le sentiment pacifiste est majoritaire dans la population, échaudée par la participation de l’Espagne à la guerre d’Irak en 2003. Cet engagement avait valu en retour au pays le pire attentat de son histoire, le 11 mars 2004 à Madrid. En utilisant la formule « Non à la guerre », Sanchez a repris le slogan, très populaire, des manifestations de cette époque, auxquelles participait le Parti socialiste alors dans l’opposition. Et ce slogan résonne au- delà de son électorat.

Pourtant, ce gouvernement, qui a décidé il y a peu une augmentation record du budget militaire, est un fidèle allié de l’impérialisme américain. La ministre de la Défense, Margarita Robles, l’a rappelé dans une interview : quelque 4 000 soldats espagnols participent à la défense des intérêts impérialistes au Liban, en Afrique ou dans l’océan Indien. L’Espagne est aussi un membre discipliné de l’OTAN, une intégration que le Parti socialiste a toujours défendue. Sanchez était d’ailleurs très fier d’accueillir un sommet allié en juin 2022 et assume complètement la politique impérialiste en Ukraine. Quant aux deux bases militaires dont les États-Unis disposent dans le pays en vertu d’un accord passé en 1953 avec le dictateur Franco, leur présence n’a jamais été remise en cause par aucun gouvernement.

En réalité, si les postures et les mots de Sanchez sont différents en fonction de ses calculs, sa politique est fondamentalement semblable à celle des autres dirigeants européens. Dans son discours, il a rejeté la responsabilité de la guerre sur l’Iran et ses paroles de solidarité sont allées aux pays du Golfe attaqués en représailles, et non au peuple iranien. Et bien que le petit impérialisme espagnol pèse peu dans la région, il n’en a pas moins envoyé une frégate vers Chypre pour une mission prétendument défensive – tout comme l’a fait Macron avec le porte-avions Charles-de-Gaulle.

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