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Dans le monde
États-Unis : comment embrigader la population
« Il y en aura d’autres, c’est comme ça », a commenté sèchement Trump en faisant référence aux premiers soldats américains ayant perdu la vie dans la guerre avec l’Iran.
Ce dédain peut choquer une partie des électeurs de Trump qui l’avaient choisi parce qu’il prétendait ne plus vouloir entraîner les États-Unis dans de nouvelles guerres. N’avait-il pas qualifié d’erreur l’invasion de l’Irak en 2003 et les vingt ans de guerre qui ont suivi, dans laquelle plus de 4 000 soldats américains ont trouvé la mort ?
Mais Trump continue de parler de paix, et en tout cas par la voix de sa femme, Melania, qu’il a envoyée à la tribune des Nations unies plaider pour la « paix par l’éducation et par l’empathie pour les autres », pendant que son armée bombardait une école, tuant plus d’une centaine d’écolières iraniennes.
Selon les sondages, près de 60 % des Américains désapprouvent la nouvelle guerre. Il apparaît en effet que, contrairement à l’enlèvement de Maduro, qui avait immédiatement mis le régime vénézuélien dans la poche des États-Unis, la mort du dirigeant iranien Khamenei ne marquera pas la fin du conflit, mais n’est qu’un début. Sur son réseau social, le président américain n’en affirme pas moins que son objectif est « la paix au Moyen-Orient et dans le monde ». Son secrétaire à la Guerre, Hegseth, a pris soin de déclarer que « ce n’est pas comme l’Irak, ce n’est pas une guerre sans fin ».
Conjointement à ces mensonges qui se veulent apaisants, une propagande tout aussi fallacieuse commence pour justifier auprès de la population américaine cette guerre contre l’Iran, accusé par Trump de lutter « contre la civilisation ». Le général Caine, son chef d’état-major, affirme faussement : « Les objectifs militaires sont clairs : notre mission est de nous protéger et de nous défendre. » Et Hegseth ose même ajouter : « Nous n’avons pas commencé cette guerre. »
Cependant, plus celle-ci dure et plus Trump doit changer de registre, affirmant que les attaques contre l’Iran « continueront aussi longtemps que nécessaire », parlant de « quatre à cinq semaines de guerre, mais nous avons la capacité de la faire bien plus longtemps que cela », « le temps que ça prendra ».
« Il y aura d’autres morts », a prévenu Trump à propos des soldats tués. Les dirigeants de l’impérialisme américain voudraient déjà habituer leur population non seulement à l’idée d’un conflit prolongé, mais aussi au possible coût humain pour elle.