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- Lutte ouvrière n°3008
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Dans le monde
États-Unis : l’avortement criminalisé
En Géorgie, une femme de 31 ans a été jetée en prison pour meurtre : elle avait pris des pilules abortives.
En effet, depuis qu’en 2022 la Cour suprême a laissé le sort des femmes voulant avorter à la merci des dirigeants de chaque État, la Géorgie a interdit l’avortement dès le premier battement de cœur du fœtus.
La loi s’applique donc autour de six semaines de grossesse alors que bien des femmes ignorent encore qu’elles sont enceintes. Cette loi empêche de fait les avortements légaux. Mais aucune loi n’a jamais empêché les femmes ne voulant pas d’enfant d’avorter, d’une manière ou d’une autre, souvent dangereuse. Cette jeune femme a ainsi été contrainte de chercher une solution en achetant sur Internet des pilules abortives. Après de fortes douleurs, elle a accouché à l’hôpital d’un bébé si prématuré qu’il a été déclaré mort une heure plus tard. La police l’a donc arrêtée deux mois plus tard pour meurtre, ainsi que pour possession de pilules abortives, considérées comme de la drogue.
Or, même dans les États votant conservateur, la majorité des femmes ainsi que bien des hommes sont opposés à une telle criminalisation. Les autorités sont d’ailleurs plus promptes à poursuivre les cliniques et les médecins proposant un service d’avortement que les femmes qui avortent elles-mêmes. La conséquence est tout de même de rendre l’avortement impossible, les médecins ayant peur d’être accusés de meurtre.
Un juge a finalement permis à cette femme de sortir de prison au bout de quinze jours en payant une caution modique, et il n’est pas certain qu’elle ait à subir un procès ni une condamnation. Mais on voit là comment le recul des droits des femmes se traduit dans les faits par des procédures absurdes et odieuses.