- Accueil
- Lutte ouvrière n°3001
- Eurenco – Bergerac : débrayages pour les salaires
Dans les entreprises
Eurenco – Bergerac : débrayages pour les salaires

Mardi 3 février, environ 130 salariés d’Eurenco se sont rassemblés devant l’usine de Bergerac, qui compte pour le moment environ 600 travailleurs, dont 120 intérimaires. À l’appel de la CGT et FO, ils demandent 135 euros de plus par mois, pendant que le patron leur en offre 27 !
Sur ce site, fleuron de la production de poudre pour les canons César, les travailleurs à la production sont au smic. Seules les primes de nuit permettent de dépasser 2 000 euros. Encore faut-il tenir le coup du rythme en production, fait de deux jours de travail de 4 heures à 12 heures, puis de deux de 12 heures à 20 heures et enfin de deux autres de 20 heures à 4 heures. Les cadences ne cessent d’augmenter du fait de la demande. Comme le dit une ouvrière, « on est déjà en guerre et le patron a besoin de nous, alors il faut qu’il paye avant qu’on se retrouve réquisitionnés ».
Le matin du débrayage, un proche du directeur est arrivé dans un atelier en disant « Salut les grévistes ! » Testant les réactions, il a ajouté : « S’il y en a qui ne sont pas contents, ils ne sont pas obligés de rester et peuvent aller cueillir les pommes. » Cela a beaucoup choqué et, en plus du barbecue, une brochette de pommes s’est invitée sur les grilles de l’usine ! Après ce 2e débrayage en une semaine, l’idée revient souvent dans les discussions entre grévistes qu’« il ne faut pas lâcher ».