Expulsions : l’État contre le droit au logement08/04/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/04/P6-3_Famille_%C3%A0_la_rue_OK_LUPO.jpg.420x236_q85_box-0%2C2%2C1059%2C598_crop_detail.jpg

Leur société

Expulsions : l’État contre le droit au logement

Illustration - l’État contre le droit au logement

Après la fin de la trêve hivernale le 1er avril, le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a pris un arrêté subordonnant les expulsions locatives à l’obligation d’un relogement préalable. L’arrêté a aussitôt été contesté par le préfet qui le soumet au tribunal administratif.

Ce maire ne fait que reprendre la position adoptée depuis des années par des municipalités de gauche, dirigées principalement par le PCF. À chaque fois, ces décisions ont été annulées par les tribunaux à la demande des préfets, que ce soit en région lyonnaise, comme à Vénissieux, ou dans les départements d’Ile-de-France. À Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, cela dure depuis 2005 et la maire PCF, qui vient d’être réélue, continue la tradition. En Seine-Saint-Denis en 2012, treize maires, dont celui de Saint-Denis, ont pris des arrêtés qui n’ont pas plu davantage aux préfets. Les années suivantes, quand les maires ont renoncé à une interdiction pure et simple des expulsions et les ont soumises à un relogement préalable, leurs décisions ont été cassées, tandis qu’ils étaient cette fois accusés d’une intention cachée d’attenter au droit de propriété ! Encore une fois, comme le proclamait déjà L’Internationale, le droit du pauvre est un mot creux.

En 2025, le nombre des expulsions locatives a explosé : 30 500 à l’échelle nationale. C’est dire que jeter des familles à la rue sous prétexte qu’elles ne peuvent plus payer se banalise.

Alors, pour contrer ces scandaleuses mesures antipauvres, des arrêtés ne suffisent pas. Quand des expulsions ont pu être empêchées, c’est souvent parce que les voisins ou d’autres habitants de la commune se sont interposés en nombre.

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