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Leur société
Expulsions locatives : augmentation record
D’après la Chambre nationale des commissaires de justice (anciennement huissiers), les expulsions locatives ont atteint un nouveau record en 2025, en augmentation de 27 % par rapport à l’année précédente.
En 2025, 30 500 locataires ont été expulsés. Des familles avec des enfants, des personnes âgées, parfois des malades ont vu arriver la police ou la gendarmerie chez elles et ont été obligées de quitter leur logement, dont la serrure était changée. D’autres locataires, deux à trois fois plus nombreux, préfèrent quitter leur logement avant d’y être contraints par la force.
Depuis le début des années 1980, les expulsions par la force ont été multipliées par dix. Le rythme s’est accéléré ces deux dernières années, avec une hausse de 60 %. Alors que se loger est un besoin vital, il devient de plus en plus difficile de payer des loyers qui représentent 40 %, 50 % ou 60 % des revenus de nombreuses familles populaires. La situation risque de s’aggraver encore étant donné les évolutions des salaires et de l’emploi et les politiques gouvernementales de plus en plus ouvertement antipauvres.
En effet, si les expulsions ont autant progressé, c’est parce que les tribunaux font preuve d’une sévérité accrue, ainsi que les préfectures chargées de la mise en œuvre des décisions. Les motifs qui permettaient par le passé de retarder l’échéance, comme la présence d’enfants en bas âge, sont moins pris en compte et les préfets, suivant les directives du ministère du Logement, ajournent moins les expulsions. En s’attaquant violemment au droit de se loger, l’État poursuit sa guerre contre les classes populaires.