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Leur société
Fisc : niches de riches
Dans le cadre des économies qu’il programme pour 2027, le Premier ministre avait évoqué la possibilité de s’en prendre aux quelque 470 « niches fiscales » signalées comme coûteuses ou obsolètes par la Cour des comptes.
En fait, quelle surprise !, les plus grosses niches sont pérennisées. Le crédit impôt recherche, qui permet aux grandes entreprises de récupérer une bonne partie de leur mise sous prétexte d’innovations ou d’études prospectives et pèse 7,4 milliards par an sur le budget (133 millions pour Renault et 63 pour Stellantis), est totalement maintenu. Le crédit d’impôt sur le service à la personne, intéressant pour qui emploie non seulement une garde d’enfant mais un jardinier, une cuisinière ou un majordome, l’est également, au prix de 7,1 milliards. Le « pacte Dutreil » qui réduit des trois quarts l’imposition sur la transmission d’une entreprise à ses descendants – 3,8 milliards – est intouchable.
Pire, malgré la catastrophe climatique, les mécanismes d’exemption fiscale dangereux pour la planète et ses habitants sont prorogés. En 2023, ils avaient été estimés par la Cour des comptes à la somme colossale de 19 milliards. Entre exemption sur le kérosène, qui profite aux propriétaires de jets privés et aux compagnies aériennes, celle sur le gazole non routier, dont les capitalistes de l’agriculture et du BTP sont les plus gros bénéficiaires, et celle à la taxe au tonnage du transport maritime, qui intéresse au plus haut point le géant CMA CGM, une douzaine de milliards par an partent en fumée… mortifère.
Alors, une fois les niches des riches épargnées, le réchauffement climatique aggravé, où prendre l’argent ? En augmentant un peu la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des très grandes entreprises ? Que non, elle va au contraire être réduite de 30 %. Il reste donc la grande majorité de la population, les travailleurs et anciens travailleurs.
Les retraités verront donc, dans leur grande majorité, leur revenu baisser par rapport à l’inflation puisque non revalorisé et même amputé à la suite de la suppression de l’abattement de 10 %, les malades et accidentés du travail verront leurs indemnités davantage imposées et les futurs chômeurs seront davantage taxés sur les indemnités de rupture conventionnelle.
Certes, tous ceux-là sont pauvres, mais ils sont si nombreux…