France-Maroc : bonnes affaires et répression22/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3025-c.jpg.445x577_q85_box-16%2C0%2C1287%2C1649_crop_detail.jpg2026-07-22

Dans le monde

France-Maroc : bonnes affaires et répression

Les 15 et 16 juillet, le Premier ministre français, Lecornu, s’est rendu au Maroc, suivi par douze ministres, dont celui de l’Intérieur, pour conclure des accords avec le gouvernement marocain.

Rendre encore plus difficiles et dangereuses les routes qu’empruntent les migrants fuyant misère et guerres tout en facilitant le passage des intérêts d’Alstom, Accor, TotalEnergies, Veolia, ou Thales était l’objet de cette réunion dite de « haut niveau ».

Pendant ce temps, les arrestations d’opposants se poursuivent. Ainsi, le jour même de l’arrivée de la brochette de VRP français au Maroc, un journaliste en exil était arrêté à sa descente d’avion à Tanger. Cela a fait dire à un jeune, révolté par ces méthodes, que « l’aéroport marocain est devenu le nouveau Tazmamart », la prison secrète pour les opposants politiques sous le règne de Hassan II, entre 1961 et 1999. Le 13 juillet, le rappeur et réalisateur Mehdi Black Wind était arrêté à son arrivée à Casablanca. En février dernier, Zineb Kharroubi l’était à son arrivée à Marrakech. Pour un simple tweet sur le réseau social Discord, elle écope de six mois de prison avec sursis et d’une amende.

Les autorités cherchent à étouffer toute voix qui s’élève dans le sillage de la révolte de la jeunesse populaire, dit mouvement de la Gen Z 212. En septembre 2025, le décès de huit femmes qui allaient accoucher à l’hôpital d’Agadir avait fait descendre les jeunes par milliers dans les rues. Pendant plusieurs semaines, ils ont dénoncé le chômage de masse, la corruption, le mépris, les inégalités criantes et ont réclamé des moyens pour la santé et l’éducation plutôt que pour des stades et des hôtels de luxe. Trois jeunes avaient été tués près d’Agadir. D’autres avaient été sauvagement réprimés à Oujda. Des milliers d’arrestations avaient eu lieu et dix mois après, elles continuent. L’attente des jugements par les familles et les proches est insoutenable, et des rassemblements au cri de « Libérez les détenus politiques » ont lieu régulièrement dans les grandes villes.

La fébrilité du régime montre que la colère sociale n’est pas éteinte.

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