France – Suède : pour 4 milliards d’armement de plus 02/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3031-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C5%2C1265%2C1645_crop_detail.jpg 2026-09-02

Leur société

France – Suède : pour 4 milliards d’armement de plus

Lundi 31 août, Macron s’est rendu en Suède pour y sceller la vente de quatre frégates pour 4,3 milliards d’euros. NavalGroup, le fabricant de ces frégates, et la famille Dassault qui, au travers de ses actions dans Thales, est le premier actionnaire privé de ce groupe, peuvent se frotter les mains.

Ces capitalistes féliciteront sans doute Macron, qui aura joué jusqu’au bout le rôle de représentant de leur petit commerce. Ce contrat avait été annoncé en mai et il aura fallu plusieurs mois pour ajuster les contreparties. Ainsi, l’État français a commandé fin août deux avions GlobalEye auprès de l’industriel suédois Saab pour la bagatelle d’un milliard d’euros. L’État français s’est aussi engagé à équiper les frégates de NavalGroup de matériels suédois. Pour les industriels français, d’autres commandes devraient suivre puisque l’État français est prêt à vendre à la Suède le missile de croisière naval MdCN, d’une portée de 1 400 km, dont l’emploi était jusque-là exclusivement réservé à la marine nationale.

En mai, lors de l’annonce du contrat avec la France, le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, avait déclaré qu’« il s’agit du plus gros investissement dans la défense nationale depuis les années 1980, qui permettra à la Suède de tripler sa capacité de défense par rapport à aujourd’hui ». Au-delà des milliards de commandes qui iront enrichir un peu plus les magnats de l’industrie militaire, ces contrats illustrent la montée guerrière en Europe, à laquelle la Suède participe depuis 2022 et le déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Alors que la Suède n’a participé à aucun conflit depuis 1814, elle a rejoint l’alliance militaire de l’OTAN en 2024, juste après la Finlande en 2023, achevant le blocus potentiel de la Russie sur la mer Baltique.

Depuis 2024, les dépenses d’armement suédoises se sont envolées, atteignant 3,5 % du PIB du pays. Et les discours des dirigeants se sont faits de plus en plus martiaux. Le commandant en chef des forces armées suédoises, Micael Byden, a ainsi déclaré en 2024 que ses compatriotes « devaient se préparer mentalement à la guerre » avec la Russie. Et en mai dernier, dans le cadre d’opérations mobilisant 18 000 militaires, l’armée et de nombreuses organisations civiles se sont entraînées à prendre en charge et à enterrer les corps de 5 % des habitants du pays, un exercice qui était en sommeil depuis plus de soixante-dix ans.

Réalisme ou cynisme, voilà en tout cas sur quoi débouchent les fastueux accords patronnés par Macron…

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