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Dans le monde
Gaza : la “nouvelle phase” de la guerre
Le corps du dernier otage israélien enlevé le 7 octobre 2023 par le Hamas a été retrouvé et formellement identifié lundi 26 janvier. Son rapatriement en Israël doit en principe ouvrir la voie à une nouvelle étape, la « phase 2 », de l’accord de cessez-le-feu signé en octobre.

La deuxième étape de ce « plan Trump » prévoit le retrait de Gaza de l’armée israélienne, le déploiement d’une force internationale et la mise en place d’une administration palestinienne sous l’égide d’un Conseil de la paix présidé par Trump lui-même. Ce dernier a annoncé le lancement de ce Conseil à Davos le 22 janvier, mais cela n’a eu aucune incidence sur la situation à Gaza, où l’armée israélienne continue d’avoir les mains libres.
Ainsi, l’accord de paix prévoyait la réouverture du poste-frontière de Rafah, situé entre la bande de Gaza et l’Égypte, dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, afin de permettre l’arrivée de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne. Sa réouverture partielle vient seulement d’être annoncée le 26 janvier, mais le communiqué officiel ne donne aucune date, précisant seulement que cette entrée sera « réservée aux piétons et soumise à un mécanisme d’inspection israélien complet ». Il est certain que ces restrictions continueront d’empêcher l’acheminement de l’aide humanitaire alors que la situation des Gazaouis demeure toujours aussi dramatique, aussi bien sur le plan alimentaire que sanitaire.
Netanyahou a déclaré que, selon lui, la priorité à cette étape était le désarmement du Hamas, « que ce soit de manière pacifique ou à l’aide de la force ». Le ministre israélien de la Défense avait été encore plus clair fin décembre, affirmant : « Nous ne quitterons jamais Gaza. » Loin de se retirer, l’armée israélienne repousse régulièrement la limite de la zone sous son contrôle, la « ligne jaune » censée avoir été fixée par l’accord conclu en octobre, comprimant plus de deux millions de Palestiniens sur à peine 40 % du territoire ravagé. Les cubes de béton jaune qui matérialisent cette frontière sont déplacés jour après jour. Des témoignages relatent que des habitants s’étant installés le soir dans une zone située loin de la ligne jaune, ont trouvé les blocs jaunes devant chez eux à leur réveil. L’armée israélienne poursuit sa politique de terreur et de massacre : depuis l’instauration du prétendu cessez-le-feu, près de 500 Palestiniens ont été tués, victimes des tirs des soldats et des drones. À l’est de la ligne jaune, l’armée israélienne poursuit la destruction des bâtiments encore debout et construit des bases militaires – plus d’une dizaine ont été recensées –, montrant son intention d’occuper durablement Gaza.
À Davos, Trump s’est livré à ses bouffonneries habituelles devant un auditoire constitué de riches et de chefs d’État, présentant en guise de plan pour Gaza une plaquette publicitaire pour des hôtels de luxe. Mais, à Gaza, la réalité est que les Palestiniens continuent de vivre au milieu des gravats et dans des tentes, sans espoir de reconstruction. Avec l’appui de Trump, en guise de « nouvelle phase », le gouvernement israélien poursuit sa guerre contre les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, où la colonisation s’accélère encore.