Gaza : nouvelle phase du massacre04/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3001-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Gaza : nouvelle phase du massacre

Le point de passage de Rafah, rouvert le 1er février entre la bande de Gaza et l’Égypte, n’apporte qu’une maigre respiration à une infime partie des Gazaouis, qui tentent de survivre dans le territoire écrasé par l’armée israélienne.

En principe, la deuxième phase du « plan de paix » de Trump était censée débuter après la restitution du corps du dernier otage israélien. La réouverture d’un point de passage vers l’Égypte est donc effective… sur le papier. Le 2 février, seules une vingtaine de personnes ont pu franchir la frontière, des malades tentant d’obtenir des soins en Égypte et, dans l’autre sens, une poignée de Gazaouis autorisés à retrouver les leurs au milieu des ruines. Les deux gouvernements, celui de Netanyahou comme celui d’al-Sissi, n’autorisent qu’un nombre infime de passages. C’était un trajet « humiliant », ponctué de fouilles « minutieuses », raconte l’une des voyageuses à un journaliste. « Les Israéliens nous ont interrogés, ils nous ont tout confisqué. Ils ne nous ont laissé que des vêtements. […] Tout est interdit, la nourriture, l’eau, les parfums. Nous n’avons pas pu rapporter le moindre cadeau pour nos enfants ».

Mais si la nécessité d’obtenir des soins, alors que toutes les structures de santé ont été détruites à Gaza, contraint de nombreuses familles gazaouies à tenter d’obtenir une autorisation de passage, les autorités égyptiennes elles-mêmes ont, à de multiples reprises, affirmé qu’elles s’opposaient à toute arrivée massive de Palestiniens.

Pourtant, la situation de ces derniers reste invivable sur moins de la moitié du territoire, entre la « ligne jaune » et la mer, sur laquelle l’armée israélienne les enferme, en occupant et en leur interdisant l’autre partie. À la rudesse de l’hiver, au dénuement total des familles sous les tentes ou les abris, à l’absence de vivres, d’eau et de médicaments, s’ajoutent les tirs et bombardements quasi quotidiens de l’armée israélienne. Elle a tué environ 500 habitants depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. À titre d’avertissement, à la veille de la réouverture du poste- frontière de Rafah, le 31 janvier, dix personnes ont été tuées dans la ville de Gaza, d’autres encore dans le Sud à Khan Younès, dont sept membres d’une famille dans leur tente. Près de la côte, où se sont réfugiés nombre de déplacés, une bombe a été lâchée sur un abri habité. Un organisme de premiers secours chiffre à 32 le nombre de morts de cette seule journée.

Devant l’évidence et les preuves documentées du massacre auquel elles se sont livrées après le 7 octobre 2023, les autorités israéliennes ont fini par reconnaître avoir tué plus de 71 000 Gazaouis. C’est cependant sans compter le nombre des corps encore ensevelis dans les ruines, sans compter non plus les victimes « indirectes » de blessures et de maladies non soignées, et de sous-nutrition.

Le gouvernement Netanyahou maintient aussi son interdiction d’exercer à l’ONG Médecins sans frontières, sommée d’avoir cessé toute présence à la fin du mois. Comme il bloque presque totalement l’aide humanitaire aux frontières, y compris au poste de Rafah, le pouvoir de Netanyahou et son complice, l’agent immobilier Trump, pressé de bâtir sa « riviera » à Gaza, préparent méthodiquement l’asphyxie de toute une population.

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