La guerre ne se fera pas toujours “à distance”12/03/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/03/P10-2_Guerre_imp%C3%A9rialiste_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C7%2C796%2C454_crop_detail.jpg

Dans le monde

La guerre ne se fera pas toujours “à distance”

Trump se vante de la capacité technologique américaine de frapper l’Iran et de détruire ses capacités militaires sans déployer de troupes au sol — du moins tant qu’il n’aura pas changé d’avis. Au point que, dans ses déclarations, il affirme que la guerre serait finie ou près de se terminer.

Illustration - La guerre ne se fera pas toujours “à distance”

Trump et les dirigeants israéliens sont d’autant plus déterminés à poursuivre la guerre que celle-ci leur semble facile. La « guerre à distance » signifie en effet que l’on peut tuer et détruire de plus en plus efficacement sans même débarquer des soldats sur le terrain. Depuis plusieurs années déjà, des drones de combat américains sont télépilotés par satellite. On peut ainsi guider un missile au Moyen- Orient depuis un bureau au Nouveau-Mexique. Les évolutions récentes poussent encore plus loin ces possibilités, avec par exemple le recours à l’IA pour rendre les engins de mort plus autonomes et plus efficaces.

Les états-majors mettent volontiers en avant cette dimension technologique. En France aussi, les campagnes de recrutement de l’armée insistent sur la recherche de profils techniques : spécialistes des cyberattaques, experts en IA…

Mais cette image de guerre distante est largement mensongère. La puissance militaire américaine ne pourrait se déployer sans le réseau de bases dont elle dispose au Moyen-Orient, ne serait-ce que pour lancer les drones qui sont ensuite pilotés depuis les États-Unis. Et surtout, à un moment ou à un autre, contrôler une région ne peut se faire sans en prendre possession sur le terrain. La guerre en Ukraine le montre : les drones les plus sophistiqués y cohabitent avec les combats de fantassins, et les victimes se comptent par millions.

Faire croire aux populations des pays impérialistes que les futures guerres seront menées uniquement par des soldats de métier, protégés par la technologie et opérant à distance, relève donc du mensonge. Les investissements dans la haute technologie ne suppriment nullement la nécessité d’armées nombreuses. L’armée américaine compte d’ailleurs déjà 1,3 million de soldats. C’est moins que la Chine et ses deux millions de soldats mais, rapporté à la population, les États-Unis, avec 0,40 % de la population sous les armes, restent devant elle et son 0,14 %, tout comme l’Union européenne et le Royaume-Uni réunis qui comptent environ 1,5 million de militaires d’active, soit 0,28 % de la population.

Surtout, tous les États impérialistes préparent les esprits à l’idée qu’il faudra renforcer ces effectifs militaires. L’augmentation des budgets d’armement se double d’une publicité permanente pour le recrutement par les armées, car les dirigeants de ces États préparent des guerres d’une plus vaste ampleur, pour lesquelles ils auront besoin de chair à canon.

De plus en plus technologique, la guerre n’en est pas moins meurtrière pour les peuples qui la subissent. Et elle ne sera pas toujours « propre » pour les travailleurs des grandes puissances, que la logique des rivalités entre États finira tôt ou tard par enrôler pour les envoyer sur les champs de bataille.

Partager