Guerre : une manne pour les armateurs grecs08/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3010-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Guerre : une manne pour les armateurs grecs

De nombreux navires se trouvent bloqués de part et d’autre du détroit d’Ormuz ou à proximité ; parmi eux quinze battent pavillon grec. On compte aussi dans la région 325 navires propriété d’armateurs grecs sous pavillon étranger.

Les armateurs grecs, propriétaires de la plus grande flotte marchande du monde, (17 % de la capacité) ont décidé de « combler le vide laissé par de nombreuses compagnies internationales » selon les termes d’un reportage du Figaro. Guerre en Ukraine ou dans le Golfe, les conflits, disait l’un d’eux au magazine Forbes en mai 2024, « sont une tragédie pour l’humanité mais cela crée des opportunités ». Et un autre ajoutait : « Nous devons être en mesure de tirer parti de ces opportunités. » Ce fut le cas puisque les armateurs déjà milliardaires ont augmenté leur fortune et que sept nouveaux sont venus rejoindre leur groupe.

« Les armateurs grecs sont la première flotte mondiale parce qu’ils savent prendre des risques », a déclaré Nikos Vernicos, un de ces récents milliardaires. Ou plutôt, ils savent les faire prendre à d’autres : « Les marins acceptent la mission, les assurances suivent et les armateurs foncent, a-t-il ajouté. Il y a d’ailleurs plus de décès par accident de voiture que de marins tués en mer. Ils ont signé des conventions collectives et prennent leurs responsabilités. »

Cette opinion est sans doute partagée par des armateurs d’autres pays, sans qu’ils le crient sur les toits. Dès début mars, une vidéo de l’attaque d’un tanker par un missile iranien, filmée par un marin, a fait le tour des téléphones des équipages, annonçant que quatre Grecs avaient été blessés et que deux marins indiens avaient été tués. Les travailleurs très pauvres du sous-continent indien constituent en effet la plupart des équipages des navires grecs.

Les syndicats de marins ont protesté et manifesté. Ils réclament entre autres le droit de refuser, sans conséquence pour la situation du marin, d’embarquer ou de passer dans une zone dangereuse. Ils veulent que les équipages bloqués soient rapatriés sous la responsabilité de l’État et des employeurs.

Giorgos Prokopiou, un des nouveaux milliardaires, considéré comme un « armateur corsaire », a envoyé dans le Golfe depuis le 6 mars cinq navires d’une de ses sociétés. Cela devrait lui rapporter 450 000 dollars par jour.

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