Handicap : l’art macronien de l’esbroufe 09/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3032-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-09

Leur société

Handicap : l’art macronien de l’esbroufe

Vendredi 4 septembre, lors d’un discours à la Conférence nationale du handicap (CNH), Emmanuel Macron a annoncé 65 mesures, sans aucun moyen financier supplémentaire.

Ces annonces sont à l’image de toute la politique du gouvernement en matière de handicap. Ainsi, vantant son bilan, Macron a cité le remboursement intégral des fauteuils roulants qui a bénéficié à plus de 281 000 personnes. Mais l’obtention d’un fauteuil roulant relève d’un véritable parcours du combattant. Tout est fait ou presque pour dissuader le demandeur : ainsi, le délai de prescription pour un fauteuil est d’environ six mois, auxquels se rajoutent les délais pour l’essayer. Une fois validé, le fauteuil n’est pour autant pas automatiquement remboursé parce que les caisses d’assurance maladie exigent de très nombreux justificatifs. De ce fait, beaucoup ne commandent pas un fauteuil adapté à leurs besoins et ont recours au fauteuil le plus courant pour éviter ces écueils.

Macron a insisté sur son action pour permettre la scolarisation des jeunes handicapés : 550 000 élèves en situation de handicap ont été scolarisés en 2026 contre 321 000 en 2017, au début de son premier mandat. « Les moyens pour l’école inclusive ont doublé », prétend-il. En fait, si ces enfants sont bien à l’école, ils ne bénéficient souvent pas d’un réel encadrement.

Les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) manquent cruellement dans de nombreuses écoles. Payés en moyenne 1 030 euros par mois, ils sont souvent en temps partiel imposé, avec des horaires déments, parfois sur plusieurs écoles et s’occupent souvent de plusieurs enfants aux handicaps très divers. Dans ces conditions, beaucoup d’entre eux cherchent à se reconvertir, parfois vraiment à regret, parce qu’ils parviennent tout juste à survivre avec leur salaire.

Selon l’Unapei, une association de parents d’enfants en situation de handicap qui a analysé les données sur plus de 4 500 enfants, 76 % d’entre eux sont scolarisés moins de 12 heures par semaine. De nombreux professeurs des écoles, faute d’AESH, ne savent plus comment accueillir des élèves qui ont besoin de l’attention d’un seul adulte. Et c’est sans compter le nombre d’enfants en attente de pouvoir s’inscrire dans un IME (institut médico-éducatif) où le délai d’attente peut être de sept ans, le temps de ne plus être un enfant.

Macron n’a certes pas été avare de grandes promesses et de belles annonces durant ses deux quinquennats, mais pour ce qui est des sous, c’est une tout autre histoire.

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