HLM : de moins en moins accessibles25/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3008-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

HLM : de moins en moins accessibles

Les plus pauvres des travailleurs, qu’ils soient en activité, au chômage ou retraités, se trouvent de plus en plus exclus de l’accès à un logement, même social, comme le confirme l’organisme de contrôle des HLM dans ses statistiques annuelles.

Dans la file d’attente des 2,9 millions de demandeurs de HLM, près des deux tiers ont des revenus qui ne dépassent pas le smic, ce qui devrait leur donner droit aux HLM appelés PLAI, dont les loyers sont les moins chers, 6,30 euros le mètre carré en moyenne sans les charges, contre 9,80 euros pour la catégorie la plus élevée. Mais, alors que la pauvreté s’accroît, les PLAI, qui ne représentaient déjà que 44 % des constructions de HLM il y a dix ans, n’en représentent plus que 41 % aujourd’hui. D’où un effet de ciseau entre l’appauvrissement de ceux qui ont besoin d’un logement et la montée des loyers dans le peu de HLM nouvellement construits.

La raison qui saute aux yeux est la mauvaise volonté de certaines collectivités locales à accueillir des personnes pauvres. Cette politique, relayée au sommet de l’État par une loi facilitant les expulsions, est naturellement choquante, mais elle n’explique ni la baisse générale du pouvoir d’achat, ni les difficultés croissantes à se loger. Entre 2012 et 2022 par exemple, quelque 400 000 logements étaient construits par an, pour une grande part dans le secteur privé. Mais s’y loger nécessitait des salaires beaucoup plus élevés car, dans les grandes métropoles, les loyers sont en moyenne deux fois plus hauts que dans les HLM. Ceux-ci ont été créés pour que les capitalistes puissent loger la main-d’œuvre à loyers modérés, sans devoir augmenter les salaires.

Il y a toujours eu des exclus, même lorsque les HLM étaient construits en bien plus grand nombre, y compris au début des années 1970, quand nombre de travailleurs, en particulier immigrés, devaient vivre en foyer ou dans des logements insalubres. Aujourd’hui, l’État a d’autres priorités, en premier lieu l’augmentation du budget militaire, et il a coupé ses subventions à la construction de HLM, alors qu’elles bénéficiaient essentiellement aux PLAI. De plus, ce sont les organismes HLM qui doivent payer une partie des APL (aides personnalisées au logement) à la place de l’État. C’est pourquoi ils sont plus directement soumis aux banques, auxquelles ils doivent emprunter et rembourser en augmentant les loyers. Ils sont aussi soumis aux Bouygues et compagnie, qui ont fait exploser les coûts de construction, et aux promoteurs, par lesquels ils passent de plus en plus souvent pour construire. Par exemple, après la démolition des immeubles d’une cité, les nouveaux loyers sont en général bien supérieurs aux anciens. Les HLM n’ont pas la volonté, et de moins en moins les moyens, de contrecarrer cette pression croissante.

La balle est dans le camp des travailleurs, à la fois pour imposer la construction de logements à prix coûtant et pour contrer tout ce qui fait baisser, voire s’effondrer, leur pouvoir d’achat.

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