Indemnités réduites12/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3006-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Indemnités réduites

À peine l’encre avait-elle séché à la fin des négociations entre les organisations patronales et trois confédérations syndicales sur les ruptures conventionnelles de CDI, le gouvernement rédigeait un projet de loi destiné à appliquer cette nouvelle attaque contre les travailleurs.

C’est en effet le 25 février que la CFDT, la CFTC et FO signaient avec le Medef, la CPME et l’U2P pour permettre au patronat d’économiser des centaines de millions d’euros sur trois ou quatre ans. Les patrons réclamaient même un milliard d’économies. Si le projet de loi qui découle de cet accord scélérat est adopté, c’est une somme finalement assez proche qui sera récupérée en quelques années grâce au raccourcissement de la durée de versement des indemnités de chômage consécutives à la rupture.

En effet, la rupture conventionnelle est plébiscitée par les employeurs puisqu’elle leur permet de négocier facilement et « à l’amiable » le licenciement individuel d’un salarié souvent ancien et donc mieux payé qu’un plus jeune. Pour le salarié, cette formule ouvre le droit à des allocations chômage, pour une durée potentielle avant la nouvelle réforme qui allait de 18 à 27 mois selon l’âge.

Cette durée serait réduite de 18 à 15 mois avant l’âge de 55 ans, à 20,5 mois au lieu de 22,5  à 55 et 56 ans, et serait de 27 mois à partir de 57 ans. Le patronat et le gouvernement organisent ainsi une ponction globale qui pourrait, selon eux, pousser entre 12 000 et 15 000 chômeurs à « retourner à l’emploi ». C’est se moquer du monde ! Près de 900 000 travailleurs âgés de plus de 50 ans étaient inscrits sur les listes de France Travail à la fin 2025, en catégorie A – sans aucun emploi et immédiatement disponibles – dont beaucoup depuis plus de deux ans. Alors, prétendre que leur couper toute ressource les incitera à chercher un emploi est pire que du mépris. C’est leur déclarer la guerre.

Et ce n’est pas parce que le pire aurait été évité, à savoir la baisse du montant de l’allocation couplée à la baisse de la durée de versement, en Métropole en tout cas, que la mesure deviendrait acceptable. Quand une rupture conventionnelle sur cinq concerne des travailleurs seniors, et bien souvent à l’initiative de l’employeur, s’en prendre aux plus âgés est scandaleux. Les caisses de l’Unedic sont pleines, et si elles venaient à s’assécher quelque peu, ce devrait être aux profiteurs du travail, les grandes entreprises et leurs actionnaires, de les combler.

Partager