Inria : la recherche militarisée25/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3008-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Inria : la recherche militarisée

L’Inria (Institut national de recherche en informatique et automatique) regroupe plusieurs milliers de chercheurs et d’ingénieurs. Fin 2024 déjà, son PDG annonçait que l’institut devait être le « bras armé de l’État dans le numérique ».

La priorité devait être donnée à la recherche duale, c’est-à-dire à la recherche avec des applications dans le domaine militaire. Aujourd’hui, l’Inria veut généraliser les zones à accès restreint ou « zones à régime restrictif » (ZRR). Concrètement, il s’agit de limiter dans l’ensemble de l’institut les accès, les partenariats, et les recrutements, en fonction de validations venant du ministère de la Défense.

Là où ces zones existent déjà, cela se traduit souvent, compte tenu du manque de moyens, par de simples autocollants au sol et aux murs signalant l’entrée dans une zone à accès restreint. Mais cela se traduit aussi par des refus de recrutements sans aucune justification.

De nombreux salariés sont inquiets, et plus d’un millier d’entre eux ont signé une pétition pour demander l’arrêt du projet de généralisation des ZRR. Pour certains, il s’agit de dénoncer le manque de moyens, pour d’autres, de contester la fin de la liberté de recherche. Beaucoup dénoncent également le fait que l’ensemble des salariés seront soumis à autorisation, renouvelable tous les cinq ans. L’évolution de la société leur fait craindre que, à l’avenir, les autorisations puissent être refusées pour la simple expression d’opinions, y compris dans un cadre privé.

Derrière ce passage en ZRR intégral et à marche forcée, des salariés voient bien que l’évolution va dans le sens de la militarisation et d’une dégradation des conditions de travail, et ne veulent pas la laisser passer. La recherche en informatique est encore aujourd’hui une collaboration internationale de chercheurs. Mais ce principe de « sciences ouvertes » se heurte aux rivalités grandissantes entre pays et, pire, aux affrontements militaires directs qui se multiplient. C’est inacceptable.

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